LA RE\TE SOCIALISTE n.:.connaissant à la Ville le droit de reprendre les usines et la canalisation? Si clic a été introduite dans les diffcrents traités, c'est évidemment afin que la substitution puisse avoir lieu sans aucune interruption; et si, au contraire, une interruption devait se produire, à quoi bon cette clause? La \'ille n'aurait-elle pas un immense avantage à se procurer d'avance un matcriel neuf, à construire des usines suivant les dcrnicres méthodes scientifiques, sur des terrains dont la Yaleur ne serait pas nujoréc comme ceux de la Compagnie du gaz? On est presque honteux d'apporter de pareils arguments ..Il le faut bien, puisque c'est aYec des menaces sous condition que les ingénieurs de la ville de Paris et de la Compagnie, fraternellement unis, essaient de faire capituler le Conseil municipal.. Ils vont jusqu'à penser que si les tribunaux étaient saisis aujourd'hui des difficultés que fera naître la liquidation et qu'on peut toutes prcvoir, ils refuseraient de se prononcer avant 1905. Les juges eux-mêmes conspireraient en faveur des intéressants industriels qui exploitent à raison de 69 °/o de leur capital! M. le préfet de la Seine l'affirme, avec la Compagnie. D'ailleurs, on pourrait aux juges poser une question préjudicielle: à savoir si, faute d'une liquidation complcte, la Yille de Paris pourrait prendre possession des usines. S'ils répondaient « non», on leur demanderait de procéder par anticipation à cette liquidation. Si, enfin, ils opposaient une nouvelle fin de non-recevoir, il ne resterait à la Ville qu'à se procurer immédiatement terrains et matériel, pour commencer l'exploitation des le 1er janvier 1906. La question est assurément d'une grande simplicité. Supposons que la Ville décide dès maintenant d'exploiter le gaz en régie et de construire des usines : c'est la Compagnie elle-même qui viendrait faire ses offres de service et supplier le Conseil municipal de lui reprendre, à quelque condition que ce soit, un materiel qui, en dehors de son usage actuel, perdrait toute sa valeur, et des terrains qu'elle ne pourrait vendre à personne au prix fort qu'elle entend réclamer à la Ville. Ce n'est donc pas la Compagnie qui tient la Ville, mais la Ville qui tient la Compagnie. De ce côté, nul obstacle. Il s'agit de savoir si, oui ou non, le Conseil municipal est capable d'accorder un nouYeau monopole déguisé à la Compagnie du gaz, si c'est l'avantage de la collectivité et celui des consommateurs. * * * Pour la Ville, aucun changement ne se produirait jusqu'à la fin de la concession. Les calculs laborieux des ingénieurs établissent qu'à
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