j06 LA REVUE SOCIALISTE financiers dont pàtissent les Parisiens, c'est de cette façon trcs simple et trés claire qu'il faut poser la question. * * * La combinaison proposée au Conseil municipal est expliquéedans un long mémoire prffectoral, qui n'est que la copie <l'une note de la Compagnie. Il s'agit <lediminuer, dès maintenant, le prix du gaz de 8 centimes par métre cube pour les particuliers; il coùterait 22 centimes au lieu de 30. La Ville de Paris continuerait à le payer 15 centimes. Comme les actionnaires ne veulent pas abandonner la moindre partie de leurs dividendes, même avec l'espoir d'un renouYellement déguisé de concession, comme aussi la Yille de Paris ne peut pas sacrifier sa participation aux bénéfices de la vente du gaz qui lui sert a équilibrer son budget, on compenserait cette différence de 8 centimes dans les recettes en allongeant l'amortissement des obligations. Il reste pour 114 millions d'obligations à 4 °/o à rembourser. L'amortissement serait suspendu pendant six ans, 1900-1905, et l'intérêt réduit à 3 °/o, taux bien supérieur - entre parcntheses - à celui de la rente et des obligations communales. Puis, l'amortissement recommencerait à partir du 1er janvier 1906 et durerait cinquante ans. Voilà pour la premiére partie de l'operation. En 1906, la Ville remettrait l'exploitation du gaz à une compagnie fermiere, qui pourrait être, mais qui ne serait pas nécessairement, insinue-t-on, la Compagnie actuelle. Et pourquoi cette concession déguisée? Pour pouvoir faire la liquidation rendue nécessaire par l'échéance du traité. Pendant ce temps aussi, la ville de Paris, qui contrôlerait de plus prés les opérations de la Compagnie, ferait l'apprentissage <lela régie qu'elle pourrait exercer ensuite, mais seulement aprés huit ans. A partir du 1er janvier 1906, le prix du gaz serait encore réduit de 2 centimes, ce qui mettrait le métre cube définitivement à 20 centimes; à ce moment, la ville de Paris prendrait a sa charge le remboursement des I 14 millions représentés par les derniéres obligations dont l'amortissement aurait été suspendu, et elle paierait à la Compagnie, suivant le traité en cours, la moitié de son actif, soit 130 millions. Les bénéfices, environ ·2 3 millions, seraient partagés de la maniére suivante : 16 millions pour la Ville, 5,400,000 francs ( 1) pour la Compa- (r) Ce chiffre est calculé de la manière suivante : I centime par mètre cube et 15 °/ 0 des bénéfices nets. Or, le mémoire suppose une consommation de 300 millions de mètres cubes, alors que le dernier compte de la Compagnie en accuse 320 millions pour 1898. Voilà déjà 200,000 francs de plus, sans compter la part de bénéfices résultant de ce supplément de consommation.
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