LES SER\"ICES PUBLICS L'Empire ne pouva-it moins faire pour le gaz que pour lcs Comp:ignies de chemins de fer ... » Si les consommateurs paient le gaz deux fois trop cher, les actionnaires de la Compagnie touchent des dividendes qui atteignent 27 millions et demi annuellement, - c'est le chiffre porté sur le bilan de 1882, - pour un capital Yersé de .40 millions; ils n'ont jamais touché moins de 20 millions. LES BÉNÈl'ICES DE 1882 REPRÉSEl\TE:S:T 69 °/0 Dv CAPITAL! Dans ces bénéfices ne sont pas comptés les intérêts :\ 4 °/0 servis aux obligataires, qui sont les mêmes que les actionnaires, ni les émoluments des administrateurs. Les seuls actionnaires ont reçu, de 1856 à 1890, pour ce capital de --1-0 millions, somme effectiYement versée, des diYidendes s'éleYant au total formidable de 648,619,000 francs (r). A l'expir:ition de b concession, il faudra ajouter, à raison de 24- millions par an en moyenne, 360 nouveaux millions. - Au total : un milliard; le capital aura été remboursé vingt-cinq fois dans l'espace de cinquante ans. Je répète que les bénéfices réalisés par les obligataires ne sont p:is compris dans ce milliard; et ils sont énormes, car les emprunts, dont la presque totalité était réservée aux actionnaires, n'aYaient d'autre but que de leur offrir un placement excessivement avantageux à 5 °/o et 4 °/ 0 , alors que b rente ne rapportait que 4, 3 et 2 r/2 °/o• Or les porteurs d'obligations auront reçu, à la fin de la concession, environ 220 millions:\ titre d'intérêt. Enfin, le prélcvement opéré par les administrateurs sur les frais généraux, actuellement de 300,000 francs, autrefois de r 50,000 francs, - prenons comme moyenne 22 5,ooo, - fournit encore une somme respectable de r r ,2 50,000 francs pour la durée du privilège. Voilà pourquoi les consommateurs parisiens paient le gaz 30 centimes au lieu de I 5. Le moindre petit menage qui dépense roo francs de gaz dans une année fait un cadeau de 50 francs à la Compagnie. - Le prix de revient n'est que de ro centimes; la différence de 5 centimes environ est ·représentée par les 2 centimes de l'octroi et la participation de la' Ville aux bénéfices. Un petit cafetier, qui brûle pour 100 francs de gaz par mois, paie à la Compagnie un· tribut de 600 francs par an; il ne paie pas tant d'impôts à l'Etat. Puisqu'on essaie de renouveler le plus scandaleux des monopoles (r) Rapport de M. Sauton. 45 •
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