La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

700 LA REVUE SOCIALISTE attachés ;t certains chifl:rcs: ro-(sicge deTroic et deVeies,qui durent juste dix ans); 1 2 (les 12 dieux de !'Olympe, les I 2 travaux d'Hercule, les 12 apôtres, etc ... ); 50 (les 50 fils de Priam, les 50 Danaïdes; Endymion, d'après Pausanias, rendit Séléné mère de 50 filles; Actéon chassait avec 50 couples de chiens quand Diane le métamorphosa; le bateau que construisit Danaüs sur les indications de Minerve aYait 50 rames, ainsi que celui d'Hercule lors de son expédition contre Troie, etc.). Ces nombres sont autant d'étapes, où l'esprit humain s'est arrèté afin de se reposer des efforts accompl:s pour y parvenir et il les a marquées de légendes :ifin d'en préserver le souvenir. Le sauvage quand il arriYc au bout de sa numération,dit beaucoup, pour désigner les objets qui viennent en surplus et qu'il ne peut compter faute de nombres. \'ico remarque que pour les Romains 60, puis 100, puis 1,000 sont des quantités innombrables. Les Hovas de Madagascar disent pour 1,000, le soir, pour 10,000 la nuit, et le mot tapitrisa, dont ils se sen-cnt pour désigner le milllion, se traduit littéralement par fini de compter: il en était de même pour nous, mais depuis la guerre de 1870-71, c'est le milliard qui marque le terme de notre numération. La langue nous montre que l'homme a pris sa main, son pied et ses bras pour unités de longueur; ce sont encore ses doigts et ses orteils qui lui servent pour compter. F. Nansen dit que les Esquimaux avec qui il a vécu plus d'une année n'ont pas de nom pour tout chiffre dépassant 5 : ils comptent sur les doigts de b main droite et ils s'arrêtent quand tous les doigts ont été nommés et toucbés,pour6 ils prennent la main gauche et disent le premier doigt de l'autre main, pour 7 le deuxième ainsi de suite jusqu'a ro; aprés ils comptent de la même façon sur leurs orteils et s'arrêtent A 20, le terme de leur numération : mais les grands mathématiciens vont au delà, et pour 2 I, ils disent le premier doigt de l'autre homme et ils recommencent en passant par les mains et les pieds. 20 est un homme, 100 cinq hommes. Les chiffres romains qui ont été en usage jusqu'à l'introduction des chiffres arabes présentent le souYenir de ce mode primitif de numération : lest un doigt, II sont deux doigts,V est une main dont les trois doigts médians sont replies, tandis que le petit doigt et le pouce sont redressés; X sont deux V ou deux mains opposées. Mais quand il fallut compter au dela de cent et de mille, on dut recourir a d'autres objets que les membres humains; les romains prirent des cailloux, calc11li, d'où dérive le mot calcul des langues modernes: les expressions latines calculumpollere(poser lecaillou) et subducerecalculum (retirer le caillou) indiquent que c'était en ajoutant et en enlevant des cailloux qu'ils additionnaient et soustrayaient. J'ai vu au Familistère de Guise enseigner par un procédé analogue les deux premiéres opérations arithmétiques

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