LA RE\'UE SOCIALISTE R.nvton (op. cil., p. 242-246), sont de petits coléoptères liliputiens que la nature a fait aYcuglcs. Ils Yi\'cnt et s'abritent sous les pierres, où les fourmis jeunes ,·irnnent les ,·isiter. ~lais lorsque le réduit des cla\'igcrs a étl'.:détruit par l'cnlèn:mcnt du bloc qui constituait la toiture de leur asile, les fourmis conduisent les pauncs a\'CL1glesdans leurs dc111curcsoutcrr::iilles et le~ soignent a\'cc une tendre sollicitude. Cette focon bic11\'eillantc d'en aair a,-cc les cla,·i~crs dénotait, a priori, une ; t"> .. , étroite solidarité entre les deux insectes; les intérêts qui lient leur existence ont été confir111ésrécemment par des obscrYations ingénieuses ducs au pasteur ;\luller. Cc naturaliste, intrigue à la nie d'une associ,Hion si singulière, emporta cbcz lui, dans un grand bocal de \'Crrc, une fourmilière complète, a\·cc la tare, les mousses et les h,1bitants, cla\'igcrs et fourmis. Dès le jour sui\'ant, les prisonniers a\',1icnt repris leur existence accoutumée, et les a\'arics de route étaient n:parées tant bien que mal. Les fourmis ,·aquaicnt sans autre preoccupation à leurs affaires. Les unes soignaient les enfants emmaillottés dans leurs lan<Tesde larYcs,• d'autres restauraient la construction du nid ; ::, d'autres encore restaient immobiles des heures entières; enfin quelques-unes s'occupaient de leur toilette. Chaque fourmi se nettoy,1it elle-même; mais, comme les abeilles, dies faisaient brosser et lc:chcr par leurs compagnes les parties du corps que leurs propres pattes et leur bouche ne pouYaicnt atteindre. Pendant cc temps, les cla\'igers circulaient librement au milieu des fourmis, ou bien se tenaient en repos dans de \·astes couloirs généralement appliqués contre le Yerre; tom semblait indiquer qu'ils se troll\·aicnt dans leurs conditions normales. :\luller, qui obscr\'ait ses prisonniers sans relâche, la loupe ."1 la main, fut stupéfait de Yoir que chaque fois qu'une fourmi s'approchait d'un claYigcr, clic se mettait doucement à le caresser a\'cc ses antennes, 11re\·cnanccà laquelle le cla,·igcr repondait a\'cc les siennes. Pour ne pas laisser ses prisonniers mourir de faim et les obsen·cr le plus longtemps possible, Muller essaya de leur présenter une nourriture appropriée et de l'eau claire dont les fourmis ne pcu\'cnt ~c passer. Dans cc but, à l'aide d'un pinceau trempé dans l'eau et dans du miel délayé, il humecta les parois du Yasc et des brins de mousse; puis il déposa ça et là quelques fragments de sucre et des fruits mùrs, afin que chaque bestiole pùt facilement trouYer nourriture à son goùt. Les fourmis arri\·èrent successiYcmcnt et se mirent a attaquer aYcc a\ idité l'eau et les proYisions. Quelques claYigcrs sur,·inrent et passercnt outre, sans s'occuper nullement de participer au festin. Le naturaliste songeait à trou\·cr un autre aliment pour les cLn·igcrs qui n'aY,1icnt touché à rien de cc qui a\'ait étl'.:mis :\ leur disposition, lor!>qu'il en \'it un faire la rencontre d'une fourmi o-oraéc de nourri- ::, t, turc. Les deux insectes rcstercnt immobiles. Muller redoubla d'attcn-
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