La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

L'ACCORD POCR LA \"IE DA:-;S LES SOCIÊTJ~S A:-;J~!ALES 6 I s'empressent de dégorger a des compagnes de jcùnc le miel qu'on leur offre, et celles qui ont reçu ainsi l'aumône d'une goutte de miel se tournent vers les autres pour leur en donner leur part. Des fourmis malades ou fatiguées sont également portées par leurs compagnes. (\'. Forci, Espinas, Buchner.) Forci a rcleYé un cas très curieux de soins donnés aux malades. « Une ounièrc é\'idcmmcnt malade, aux antennes pendantes, aux mâchoires dcmi-ou\'crtes, se trainait d'un pas chancelant sur la coupole du Yieux nid. Quelques fourmis s'approchèrent, la léchèrent, l'examinèrent attcnti\'cmcnt de tous côtés et cherchcrcnt à l'entrainer douce1iient au fond du nid. Tout d'un coup, l'une d'elles repoussant les autres, Yottlut prendre l.i malade. Elle lui enjoignit de se tenir fortement a une de ses mandibules, mais la malade semblait ne pas comprendre. Après de longs et infructueux efforts, clic finit par replier ses pattes et ses antennes; sa compagne la chargea alors sur son dos et la transporta au nouYcau :nid. Un quart d'heure plus tard, Forci rencontra de rcchcf k couple sur la route et le reconnut à la manière toute particulière dont la malade était transportée. A l'aide d'un bain de paille, Forci sépara le couple et la malade continua son chemin en boitant. Mais clic fut Yitc rejointe par sa camarade, un peu re\'enue de sa terreur, et se blottit de nouYeau sur son dos. » (Cité par Büchner, l'ie psycbiq11edes bètes, p. 235.) Le même auteur cite encore un exemple plus curieux observé par Maggridge, qui ,·it « une fourmi (atta) trainer une camarade malade a une petite flaque d'eau, l'y plonger pour quelques moments et ensuite la porter a,·ec la plus grande sollicitude au soleil pour la laisser un peu reYenir a elle. » (Ibid., p. 236.) Enfin Forci raconte (cité par Espinas, op, cil., p. 393) qu'a côté <l'exécutions impitoyables, on voit parfois des ennemis affamés secourus en dehors du feu de la bataille. Ces <liYers faits ne prouYent-ils pas au moins que bonté et pitié ne sont pas ignorés de l'animalité même? On pourrait multiplier ces exemples, pris dans la Yie sociale des insectes. I\lèmc les plus dcfiants, les plus exclusifs et les plus solitaires, les araignées ne sont pas étrangers à la Yic de solidarité. « Sous les tropiques, où l'araignée doit liner bataille :'ide gros insectes, souYent à de petits oiseaux, on trouYe des espcces YiYant en société. Elles fabriquent en commun de vastes filets, courent sus a la proie ou à l'ennemi par pelotons serrés, et se prêtent résolument main forte. » (Rawton, p. 252.) Il n'y a pas a insister sur la mutualité des services entre mâles et femelles pour se soutenir eux-mêmes ou pour élever leurs petits. Quelques espèces de fourmis ont même pour des animaux d'une autre espèce, les claYigers, des soins touchants, d'une délicatesse intéressée sans doute, mais réelle et tres ingénieuse. « Les clavigers, dit

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