La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

1.'ACCORO POL"R LA \"JE DA"\;S I ES SOC!l~TES A~Dl.\11 S 63 tion, et il fut téntoin du fait le plus inam.:ndu. Il acquit l.1 certitude que le claYiger était nourri de la bouche 111è111de l.1fourmi .. \près un palper réciproque, le colfoptère ouHait la bouche, et la fourmi l'emplissait de la nourriture qu'elle dcgorgcait. L'écha11g<.:des becquces durait enYiron une douzaine de seco11des; aprés quoi, la fourmi se mettait ordinairement en train de lécher les bouquets de poils que le cl.1Yigcr porte sur le <los; puis 011se quittait et chacun s'cn allait de son côte. Lcs fourmis soignent le:, cLn·igcrs aYec tonte la tendresse qu'elles prodiguent à leur progcniture. C'est un spectacle touchant de Yoir leurs délicates préye11,111ccpsour ces déshérites de 1:1 nature. L1 fourmi laisse p:1tic111111elentclaYiger passer sur son corps, se 111ct,i jouer aYcc lui i clic s,1isit parfois an~c les 111andibulesle petit coléo1 - tcrc qu'elle trou\·c sur son pa~sagc, le hisse sur son dos, le pro111é11e ainsi pendant quelque temps, puis le dl'.:posc a terre. D'autre part, l'attitude pleine de confiance des claYigers n'est pas 111oinsmcrYeilleuse. En présc11cede ces faits, l'obscrYatcur, séduit, se laisse facilement entrainer à CL'ttedouce illu~ion qu'il est en présence 1101d1'insectes différe111s,mais plutot des diwrs 111emhresd'une mè111cfamille. Les cla- ,·igers semblent des cnfant5 qui Yivcnt a\·ec assurance ct sans souci du lendemain, chez des parents qui les comblent de soins assidus et leur procure11t une abondante nourrimrc. Cependant, il faut bien an)uer que cette explosion de tendresse de la part des fourrnis ne vient p.1s uniquement d'un sentiment de commisératio11 pour des ètrcs mi!>crablcs, privés <lela vue. 11y a -'.:change<lebons procédes et de sen·ices rendus. Les claYigers, de par leur nature, ne peuvent se nourrir que de matières ayant éprouve un commencement de digestion dans le corps de la fourmi. i\lais ces substances, cl:iborecs ensuite dans l'intérieur du petit colcoptcrc, exsudées, perlant aux poils du dos, deviennent pour la fourmi un nectar <lelcctablc. » Chez les reptiles, les poissons et les batraciens cux-mèmes, on a constate des faits analogues-tn'.:scurieux(\'. Espinas, op.cil., p. 397-.p 7.) ~lais le sentiment de l.i justice cst particuliéremcnt deYcloppe chez les •phoques. « Sur les plages de h:ur choix, où ils se retirent en grand nombre, - c'est la cite, - chaque famille compose<: du 111:ilcd, e deux ou trois femelles et des jeunes, possède un refuge choisi, un coin bien à clic, que personne ne lui conteste, où elle ,·icnt saYourcr les heures du repos. C'est là que la femelle met bas, soigne et allaite le petit, trop faible pour se risquer à la mer. Pendant tout cc temps, le mâle Ycille avec une sollicitt;de jalouse, et pourYoit :i l'alimentation de la mère et du jeune. En cas d'attaque, il sait les defcndre et mourir aYeccourage. Si quelque mauvais sujet de la tribu essayait d'enfreindre les lois sociales, commettait une injustice, un empiètement sur les droits du ,·oisin, les chefs de famille, charges de la police de la colonie, se prêteraient mu-

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