LA RE\'UE SOCIALISTE intentions. Cc n'est donc pas une hypothèse hasardée de dire que le respect libéral des principes sanctionnes par le libéralisme classique est la meilleure garantie de tous les progrès humains et par conséquent, et surtout, de la classe travailleuse. « La Constitution de 1793 fut l'expression logique des idées libérales de l'époque. Un regard même fugitif jeté sur son contenu montre combien peu elle fut un obstacle au socialisme. Babeuf et les Égaux trom·èrent en elle un bon point d'appui pour leurs efforts Yers la réalisation du communisme. En tête de leurs reYendications ils inscri- ,·irent le rétablissement de la Constitution de 1793. Effectivement tout penseur vraiment liberal fait i<lealement partie du socialisme. :,!ême le principe de la responsabilité économique personnelle, qui en apparence est tout :i. fait manchestérien, ne peut être, suivant moi, théoriquement négatif du socialisme. « Imaginez n'importe quelle société: ce principe n'y sera pas dépourvu d'efficacité pratique. Sans responsabilité, pas de libenl'.:. Nous pouvons avoir toutes les idées théoriques qui nous plaisent sur la liberté active de l'homme, mais pratiquement nous devons toujours admettre l'évidence de cette liberté comme fondement de la loi morale, puisqu'à cette condition seule une morale sociale est possible » • (page 130). « Le socialisme ne veut pas crecr une nouvelle scrYitude. L'individu doit être libre, non pas dans le sens métaphysique pràné par les anarchistes, c'est-à-dire délié de toute obligation envers la communauté, mais libre de toute contrainte et coercition économique dans ses mouvements et dans le choix des métiers. Cette liberté est possible partout si elle est organisée. Dans cc sens le socialisme pourrait s'appeler aussi la liberté organisée. En effet, si l'on examine plus attentivement les institutions que Ycut fonder le socialisme et la manière dont il veut lt:s fonder, on Yerra qu'elles se distinguent des institutions féodales comme de beaucoup d'autres semblables, précisément pa,; leur libéralisme, libéralisme caractérise par leur constitution démocratiq uc et leur accessibilité à tous » (page I 32). On ne peut trouver un aveu plus explicite de la Yolonté de Bernstein : rester sur le terrain de la société actuelle. Aussi Bernstein pour qui l'entend bien, est-il plus explicite que Merlino même, qui propose une nouvelle utopie pour sauver le socialisme. Bernstein se fie au développement naturel des institutions actuelles, et ne voit aucune raison pour en sortir, ou pour éveiller une tendance qui n'est pas en elles. Bernstein aurait dû confesser sincèrement que tout cela n'est plus du socialisme, du moins au sens traditionnel et théorique de l'expression. Logiquement sa place est parmi ceux qui, de deux choses l'une:
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