LA RE\TE SOCIALISTE indéterminé la suppression des chsses. Il juge erronée la thcorie de la sun·alcur. Elle ne tient pa3 compte du traYail du capitaliste, du commerçant, de l'employé de commerce. Il croit au moins inexact la théorie marxiste des crises. Or, je vous le demande, quelle est celle de ces thescs négatives qui soient étrangères à l'économie officielle, à part la précision ? Bernstein, sans établir de comparaison en régie entre les solutions des mêmes problèmes dans l'économie marxiste et dans l'économie officielle, ya son chemin. Partant de l'une, comme il le maintient, il dérive à toutes les solutions de l'autre. Je ne fais pas cette constatation pour accuser sa conclusion d'erreur. Cependant, de cette rencontre spontanée des conclusions, me paraît résulter une atteinte assez grave pour les socialistes. Le dédain affecté pour la science officielle se retourne contre eux; et cette Yérité que la science est une espèce de glaneuse qui se glisse et dérobe les faits pour les interpréter, reçoit une nouvelle et plus éclatante confirmation. Nous sommes restés trop longtemps en arrière des progrès de la science. Depuis 1867, date de la publication du premier Yolume du Capital, l'économie politique a fait des progrès énormes dans la forme et dans le fond. Pendant que nous, marxistes, nous suions à rapiécer pour l'endosser le manteau du maître, l'économie politique faisait des progrès quotidiens. Qu'on compare chapitre à chapitre le Capilal de Marx et les Principes d'économie de Marshall, on verra que les problcmes exigeant au moins des centaines de pages dans le Capital sont résolus en quelques lignes par Marshall. L'amas de connaissances nouvelles réuni, exposé ou retrouvé de façon originale par celui-ci, sont complètement étrangères aux trois volumes de celui-là. Et pourtant les deux ouvrages analysent le même mécanisme : la société capitaliste. Or tandis que cette analyse est relativement complète dans l'ouvrage le plus récent, elle est partielle, imparfaite et obscure dans le plus ancien. La faute n'en est certes pas à Marx; mais trente années de progrcs scientifique ne sont pas une quantité négligeable pour une science aussi riche d'espérances que l'économie politique. Pourquoi donc Bernstein, convaincu que non seulement le marxisme, mais le socialisme même est vaincu, n'a-t-il pas fait une franche conversion à l'économie officielle? * * * Nous avons dit que le livre de Bernstein offre un grand intérêt psychologique, et qu'il a une valeur scientifique presque nulle (1). Il (1) Les deux chapitres les plus intéressants du livre sont : le Blanquisme et le Marxisme, Démocratie et Socialisme. Dans ces chapitres, le vieux rédacteur du So,ial-Democrat prend une splendide revanche sur le reste de l'œuvre.
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