LE TROISIEME CONGRÈS DES SYNDICATS ALLEMAXD 655 éveillée, de ceux qui ont compris le rôle des syndicats, et qui ne se prêteraient pas, transportés dans le Centre ou dans l'Ouest, à la pressiondes salaires. D'autres travailleurs, lorsqu'ils arrivent sans culture, ne sont pas moins dangereu .\.: que les travailleurs de l'Est : ce sont les ouvriers étrangers venus de pays oü l'industrie est moins avancée, Tchcques, Polonais, I~aliens, tous habitués à de bas salaires, à une vie misérable, sans besoins, contents de peu. C'est l'une des tâches de la Commission Générale de faire l'éducation économique de ces ouvriers, comme elle fait celle des travailleurs de l'Est, et de les faire entrer dans les organisations des ouHiers allemands : dans cc domaine, elle a dépensé, pendant la dernière période, une grande activité, et est entrée dans de nouYelles voies. Elle a poursuivi la diffusion, parmi les ouniers arrivant de l'étranger, de feuilles de propagande écrites en tchèque, en polonais, en italien, dans lesquelles elle leur explique pourquoi les patrons allemands les appellent en Allemagne, comment ils n'ont d'autre but que de réduire les salaires des ouvriers allemands et d'abaisser la condition de la classe ouHièrc, comment les ouniers allemands ne veulent nullement les empêcher de traYailler en Allemagne et leur demandent seulement de ne pas travailler à d'autres conditions que les conditions en usage, de s'associer à leurs revendications et d'entrer dans leurs syndicats, comment enfin la classe ou ni ère ne se déliuera du joug du capitalisme que le jour oü les ouvriers <le toutes nations se seront unis pour engager la lutte contre les institutions actuelles de la société. Mais elle ne s'est pas contentée de cette diffusion de feuilles de propagande. Pour enrayer la concurrence des ouvriers tchèques, la Commission Générale s'est adressée à la CommissionSyndicale d' Autric!Je, avec laquelle elle a des rapports étroits, et lui a demandé de donner une attention spéciale à sa propagande en Bohême. Pour agir sur les ouvriers italiens, elle a décidé la fondation d'un journal italien paraissant en Allemagne, L'Operaio Italia11v. Ce journal, rédigé par un Italien domicilié à Hambourg, où réside la Commission Générale, et dont la Commission emploie pour d'autres tranux les services, parait depuis le 18 juin 1898, deux fois par mois. Son tirage le plus· faible a été de 1,200 exemplaires, son plus haut tirage de 3,000. La Commission Générale paie une partie des frais nécessaires à son entretien. Jusqu'ici, il a eu une très heureuse action sur les ouvriers italiens, et il semble que les patrons commencent à s'apercevoir de son existence. Enfin la Commission Générale est allée plus loin encore. La Commission Sy11dicale d'Au.tric/Je soucieuse comme elle d'arrêter la dépréciation de là maiu-d'œune indigène, ayant attiré son attention
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