La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LE TROISJÈm: CO~GRÈS DES SYKDICATS ALLD,JA:-;Ds 653 dont la plus grande partie a déja été remboursée. A d'autres organisations plus faibles, telles que celles des coiffeurs, des jardiniers, des pâtissiers, des gens de mei:, etc., elle accorda des subventions; mais elle suivit ici ce principe de ne donner des fonds, pour la propagande, qu'aux organisations qui. se seraient montrées, par elles-mêmes, capables de Yivre, qui auraient prouvé, par leurs propres efforts, gu'elks étaient susceptibles de durer sans avoir besoin d'un perpétuel appui. A telle fédération, celle des potiers, elle accorda des subsides destinés à la propagande parmi les ouvriers d'une profession voisine, les brique- .tiers, trop faibles encore pour fonder une organisation indépendante, et que la fédération des potiers reçoit actuellement parmi ses membres. La Commission s'oc_cupa directement, d'ailleurs, de la propagande parmi les briquetiers, comme de la propagande parmi les gens de mer. Et cette propagande parmi les gens de mer fut particulièrement heureuse. Pour atteindre cette catégorie de travailleurs, si difficile i • organiser, elle s'attacha spécialement à faire paraître des articles de propagande dans les feuilles quotidiennes des villes maritimes, et à répandre en grande quantité les numéros contenant ces articles dans la population des ports. Et, grâce à cette propagande, la Fédération desgens de mer put être fondée. Comme dans la période précédente, c'est ;\ la propagande parmi les ouvriers des régions les plus arriérées de l'Empire, Prusse Occidentale et Orientale et Haute-Silésie, que la Commission Générale donna •ses plus grands soins. Aussi bien le succès <lecette propagande importe-t-il à l'ensemble des organisations syndicales d'Allemagne, à l'ensemble du prolétariat allemand. Un irrésistible mouvement entraîne en effet les populations des proYinces orientales aux salaires misé- •rables, vers le Centre et l'Ouest, ou la classe ouvrière, par son organisation et par ses luttes, a su conquérir des salaires plus élevés. Si ces travailleurs de l'Est arrivent, sans éducation économique, dans ce nouveau milieu, prêts à livre"r leurs bras au premier patron qui les paiera mieux qu'ils n'étaient payés là-bas, la conséquence fatale de leur arrivée, c'est la pression des salaires, la perte par la classe ouvrière des avantages péniblement conquis. Arrivent-ils, appelés par les patrons, pendant une période de lutte, pendant une gréve? Avec inconscienl.'.e ils prendront les places vacantes, ils provoqueront la défaite des ouvriers. Il est donc de la plus haute importance, pour la classe ouvrière tout entière, que, dans leurs provinces, ces travailleurs de l'Est soient initiés au principe du mouvement ouvrier moderne, qu'ils apprennent quels sont les intérêts, quels sont les devoirs de la classe ouvrière, que la co11sciencdee classe soit éveillée en eux, qu'ils soient instruits de la nécessité de l'organisation. Cette éducation du prolétari'at de provi1ices entières, - éducation qu'aucune <les organisa-

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