La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE une Yérité. Et là se trouve une troisième cause de l'essor du mou- \·emcnt syndic.il. Enfin les adYcrsaires, effrayés, ont Youlu frapper un grand coup : prenant comme parole de combat la défense de la liberté du travail, ils ont tracé un plan de campagne contre le droit de gréve, contre le droit de coalition de la classe ouvrière. Cc plan de campagne, contenu dans une circulaire secrcte adrcssce par le Secrétaire d'État de l'Intcrieur, comte Je Posadowsky, aux gouYernements fédércs, l'organe central de la Démocratie socialiste, le Vorwaerts, le rcvéla inopinément à la classe ouYriére, - et sur toute l'étendue de l'empire de grandes réunions populaires furent organisées, pour exhorter les masses ouvricrcs :'t entrer dans les syndicats afin d'y défendre leurs droits. Plus tard, Guillaume prononça le fameux toast d'Œynhausen. Et, de toutes part~, à l'occasion du toast de Guillaume, l'agitation recommença. Ainsi, en souleYant d'indignation les masses ouvriéres, les projets et les menaces des gouvernants facilitaient auprts d'elles la propagande des syndicats, accroissaient la force des organisations qu'ils voulaient abattre. A mesure que, par l'action de ces diverses causes, la puissance du mouYement syndical se déYcloppait, se développait aussi la puissance d'action de la Commission Gérn'.:ralc. Ses ressources s'accroissaient d'année en année, comme s'accroissent les ressources d'un État qui compte chaque année plus de contribuables. La contribution personnelle payée à la Commission par chaque organisation centralisée pour chacun de ses membres avait bien étc réduite, au Congre"s de Berlin, de 5 pfennigs à 3 pfennigs; mais l'accroissement du nombre des syndiqués fut si considérable dans ces derniéres années que, malgré cette réduction, les revenus de la Commission s'accrurent. Tandis que de 1892 à 1896 - dans la période qui s'écoula entre le Congrès cl'Halbcrstadt et le Congrès de Berlin, la Commission n'aYait reçu, en 49 mois, que 94,620 marcs (u8,275 fr.), c'est-à-dire en moyenne r, 930 marcs ( 2 3r 2 fr. 50) par mois, elle reçut depuis le Congrès de Berlin, en 36 mois, r 15,680 marcs (144,100 fr.), c'est-à-dire 2,913 marcs (3,641 fr. 25) par mois. Grâce à cet accroissement de ses revenus, la Commission Générale put, dans cette période, élargir son action. Dans le domaine èc la propagande, son rôle fut double : elle aida financièrement certaines organisations, pour les mettre en mesure de faire leur propagande elles-mêmes; d'autre part, dans certaines industries, dans certaines régions, elle prit l'initiatiYe ou la direction de la propagande. Certaines fédérations eurent besoin seulement d'avances de fonds : pendant les trois années de son exercice, elle leur prêta 52,830 marcs

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