LE TROlSIÈME co;-.;GRÈS DES SYNDICATS ALLDIA>-.DS 65 r l'effectif qu'il a déclaré; il faut se rendre compte que ces chiffres ont une valeur de comptabilitè, et que nul n'a intérèt à exagérer. En tenant compte de la diversité des cotisations des diverses organisations, on pourra dire que le nombre des membres d'une organisation syndicale a toujo~1rs un équivalent a peu près exact dans les ressources financières de cette organisation. Au Congrès de Francfort, quelqu'un demanda que l'on voüt un secours collectif pour les tisserands grèYistes de l3runn. Chaque organisation syndicale représentce au Congres aurait a verser pour chacun de ses membres 5 pfennigs. Cinq cent mille syndiqués, d'apn:s les déclarations consignées dans la statistique du Congrès, faisaient partie de ces organisations : cela faisait 25,000 marcs (31,250 francs). La proposition fut votée. Auss.itôt le délégué de la Commission Sy11rlicale d'Autricbe, présent au Congres, annonça télégraphiquement aux . grévistes l'envoi prochain des 25,000 marcs. Quelqu'un, en Autriche, s'était' d'ailleurs engagé à verser immédiatement au Comité de la greve la somme qui serait votée par les syndicats allemands. Personne n'avait eu l'idée qu'il pût y avoir dans les statistiques le moindre leurre, la moindre exagération. Et, à l'heure qu'il est, depuis longtemps les 25,900 marcs sont payés. Ce n'est donc pas un progrès apparent, fait d'adhésions platoniques, c'est un progrès réel, un progrès dans les ressources, dans la puissance d'action des syndicats, que nous apprend la statistique de la Commission Générale. A quelles causes faut-il attribuer ce progrés? Le rapport de la Commission en distingue quatre. C'est tout d'abord l'heureuse situation économique de ces dernières années, l'activité du mouvement industriel. On comprend en effet, puisque la qualite de membre d'un syndicat dépend du paiement des cotisations, que le nombre des membres ait une tendance à se développer lorsque le travail entre dans une période de prospérité, à diminuer lorsque le travail se ralentit, que le mom·ement syndical tende a suine les fluctuations du travail. La situation industrielle facilitait la tâche de la propagande, lui préparait le terrain. Mais la propagande des syndicats a été extrêmement active pendant ces quatre années. Et cette activité est la seconde cause du progres constaté. Ajoutons que l'union s'est faite, profonde, dans le mouvement syndical: le débat sur la forme d'organisation, qui avait été si funeste, :i pris fin; l'immense majorité des ouvriers allemands syndiqués n'a pas tardé à se trouver réunie dans les organisations centralisées, dans · les fédérations; il n'existe plus, parmi ces dernières, de fédération hostile à la Commission Générale. Partout, pour travailler à la conquête de nouveaux membres, on s'est groupé. L'unité est devenue
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