LE TROISIÈME CONGRÈS DES SYNDICATS ALLEMANDS 64 5 fixa les conditions de l'admission à cc congres, et institua une Commission chargée de le préparer et de le convoquer. Celle-ci devait établir un projet d'organisation des syndicats allemands; elle avait aussi reçu mission de soutenir les gréves défensiYes, et de faire de la propagande parmi les ·ouvriers des contrées et des professions où l'organisation syndicale n'existait pas encore, ou existait à peine. - Ses dépenses devaient être couYertes par les cotisations que fourniraient les syndicats proportionnellement au nombre de leurs membres. La commission se constitua sous le nom de CommissionGénérale des Syndicats d'Alle111ag11e. Pour se mettre en contact aYec les syndicats, elle fit paraître un organe périodique, la Correspo11dancde s Syndicats d'Allemagne, qui fut adressée gratuitement aux comités des fédérations syndicales, aux hommes de co11fia11ce d s syndicats non fédérés, et aux rédactions de journaux socialistes. Dans cet organe, elle publia une série d'articles sur la question de l'organisation, et, le 25 avril 1891, elle fit connaitre le plan d'organisation qu'elle avait établi. Son principe était celui de la centralisation progressive : les sociétés locales d'une même profession devaient s'unir, sur toute l'étendue de l'Empire, en sociétés centralisées ou .fédérations, la centralisation par le moyen d'hommes de co11fiance n'étant admise que dans les États de l'Empire oü la législation rend la centralisation directe irnpos- . sible ; les fédérations de professions voisines devaient se grouper pour former des Unions; les unions devaient être reliées entre elles par la CommissionGénérale. Relativement à la propagande, aux grèves, à la statistique, entre ces divers groupements le travail devait être réparti ains~ qu'il suit : Les sociétés locales continueraient à être chargées de la propagande d;rns le lieu où elles se trouvent et dans les environs. Pour une propagande plus étendue, l'Union devrait intervenir, soit par l'envoi de subsides, soit par l'envoi de propagandistes. Enfin, dans les régions oü l'organisation n'a pas encore pénétré, et dans les professions où elle fait de vains efforts pour se constituer, c'est à la CommissionGénérale qu'il appartiendrait de faire la propagande. Pour les grèYes, la fédération interYiendrait quand les ressources des Sociétéslocales ne suffiraient plus; l'Union, quand ne suffiraient plus les ressources de la fédération; la CommissionGénérale, lorsque l'union serait à son tour reconnue impuissante, et que la gréve serait jugée de •haute importance pour l'ensemble de la classe ouvrière. •Enfin, selon le même processus de centralisation, les statistiques des diverses fédératio11s seraient assemblées et • coordonnées par l'Union;· les statistiques des ·diverses unions seraient assemblées et coordonnées par la Commission.Générale.
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