La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE socialisme. ~e fallait-il 1us, des lors, choisir la seule forme qui permit cette action? Les localislcs faisaient obsen·er d'ailleurs que k système des sociétés locales comportait une certaine centralisation, s'il était complété par le sysfl\111c des hommes de c011jin11ce. Le parti socialiste ne dn·ait-il pas au système des hommes de confiance toute son unité? Les cc11trnlistes, confiants dans la valeur de l'organisation syndicale comme moyen de lutte, attendant d'elle une amélioration réelle, prochaine, et la voulant par suite aussi forte que possible, répondaient que le système des hommes de confiance suflisait bien pour l'organisation politique,« parce qu'il s'agissait moins ici de l'activité pratique de chaque jour que de la discussion de questions de principes, mais que pour l'organisation syndicale, qui aYait des relations étroites, dans son activité pratique, avec la société bourgeoise, une pareille institution ne suffisait pas». Et d'ailleurs, tout en déclarant que l'éducation politique appartenait aux sociétés politiques, que le role des syndic:..ts consistait essentiellement à lutter pour élever le salaire et pour diminuer le temps de travail, et à améliorer ainsi la situation actuelle des ouvriers, ils faisaient obsen•er que cette action des syndicats ne pouvait manquer de faire naitre la pensée politique, que ces luttes ne pouvaient manquer d'heiller la co11scie11ce d classe chez ks ouniers, et qu',\ ce titre, indirectement, le syndicat tra\'aillait toujours pour le socialisme. Dés le début, il fut évident que le courant centraliste était le plus puissant. Le développement spontané du mouvement syndical ne s'était-il pas fait, pour la pllls grande partie, dans le sens de la centràlisation? La transformation qui se fit dans les organisations des patrons contribua à accentuer dans les milieux syndicaux les aspirations centralisatrices. Les patrons avaient centralisé leurs organisations; les ouvriers ne devaient-ils pas centraliser les leurs? Enfin, des événements se produisirent. Les affaires marchaient mal, le travail industriel s'était ralenti, le chômage était énorme. Les organisations patronales trouvèrent le moment opportun pour engager la lutte contre les organisations ouvrières, et la première attaque rcussit, assez du moins pour faire naitre dans les organisations ouvrières le sentiment de leur faiblesse, pour faire comprendre au plus grand nombre la nécessité de l'union. Sous quelle forme faire cette union ? Pour cchangcr des vues, et prendre les premières mesures tendant ,\ l'organisation, le 16 noYembrc 1890 se rcunit, à Berlin, une confcrcnce des comités des organisations syndicales d'Allemagne. Cette conférence dccida qu'il y aurait lieu de convoquer un congres général des syndicats allemands dès que le Reichstag se serait prononcé sur un article additionnel au Code ù1d11striel dont on parlait alors; elle

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