LE TROISIÈ~IE CONGRÈS DES SYNDICATS ALLE~IANDS 643 En I8ï8, à Gotha, l'accord se fit : un plan d'organisation fut adopté. La loi des Socialistes, YOtée peu de temps aprés, en empêcha la réalisation. La plupart des syndicats furent dissous par la police ou obligés de se dissoudre; il suffisait d'un trait de plume pour réduire à neant telle organisation qui, comme la Fédérationdesouvriers111i11eurs, comptait 60,000 membres. i\lais peu à peu, maigre le régime d'exception, par un traYail latent, souterrain, les organisations se reformèrent; l'état d'activité industrielle qui se fit jour de 1885 à r890 favorisa leur développement, et lorsque, en 1890, la loi desSocialistes fut rapportec, il y aYait en Allemagne 350,000 ouvriers syndiqués. L'idée de l'organisation unitaire de toutes les forces syndicales s'empara alors de nouveau des esprits. Dejà, en fait, le mouYement syndical s'était deYcloppé dans le sens <le la centralisation. La grande rnajorite des ouvriers syndiqués faisaient partie d'organisations centralisées. Sur 350,000, 227,773, réunis en 3, I 50 societés locaks, étaient groupés dans 53 fédérations; 73,467, répandus dans sept cent douze Yilles, faisaient partie dl! syndicats indirectement centralisés par le moyen d'bommesde co11jia11ce. Mais le rnouYement de centralisation n'était pas sans rencontrer de résistance. A la question de l'organisation unitaire était liée une autre question, celle des attributions du syndicat. La législation de plusieurs États dl! l'Empire, en tête desquels se trouve le royaume de Prusse, interdit aux sociétés politiques d'entretenir entre elles des relations: les syndicats sont donc obligés de choisir entre la possibilité de s'occuper de politique dans des sociétés isolées, locales, - et la possibilité de se fédérer. Sous le régime d\.:xception, les sociétés politiques ayant été dissoutes, le syndicats, dans la mesure où ils avaient sun·écu, avaient servi de support à l'organisation et à l'action socialiste. Les syndicats avaient joué un rôle politique. DcYaient-ils le conserver? Les cercles politiques pouYaicnt maintenant se reconstituer, la propagande socialiste n'a\'ait plus besoin des cadres formés par les syndicats, les synd.icats ,11laicnt pouvoir s'organiser pour poursuine, d'une manierc indépendante, et armés de toutes leurs ressources, leurs propres luttes. Valait-il mieux renoncer aux ressources d'une organisation puissante, unitaire, afin de pouvoir faire de la politique dans les syndicats? Dés que la question fut posée, deux tendances se manifestérent, deux camps se formèrent, un violent conflit éclata. Cc fut le début de la querelle des cmlralistes et des localistes. Les /ocalistes soutenaient cette thése, que le syndicat vaut moins comme moyen de lutte dans la vie économique, que comme moyen d'éducation politique, comme moyen de faire <les recrues pour le
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