La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

RE~UE DE LA PRESSE tTRA~GtRE fougueux papistes et monarchistes. L'auteur oppose d'une façon piquante aux réponses respectueuses de Garibaldi les réponses insolentes et outrecuidantes du général de La Marmora. C'est toujours ainsi. Les ennemis sont courtois, les amis sont volontiers rosses. Giova11niPratli dallS l'intimité, de G. Stiavelli, et Léopardi, l'âme du poète, de Armandi Tarterini, sont des études littéraires appuyées sur des souvenirs personnels. Leopardi est plus universellement célébré que Pratti. Cela tient sans doute à ce que Léopardi fut plus humain et Pratti plus spécialement loyaliste et monarchique (comme Victor Hugo dans sa jeunesse, mais Victor Hugo grandit depuis). Les œuvres poétiques de Leopardi sont aussi moins copieuses; comme volume, elles peuvent être comparées aux œuvres d'Horace. Et les Italiens modernes, meilleurs juges que nous étrangers, semblent s'accorder à faire de Leopardi l'équivalent actuel d'Horace: un très petit nombre de vers que tous savent par cœur parce qu'ils expriment sobrement et puissamment des choses éternelles. La Rivista politica e letteraria déborde son titre. Elle ne s'occupe pas seulement de politique et de littérature. Une large place est réservée aux questions sociales, agricoles, industrielles, commerciales : l'exportation de la force, l'exposition de viticulture d'Asti, une revue économique et financière très complète. C'est une Revue de Paris italienne qui nous paraît plus ouverte que les revues françaises aux questions qui intéressent particulièrement les socialistes. Ce sera bientôt tout le monde. * * * Cette revue (r) est tout à fait nouvelle. Il semble, à voir la multiplication prodigieuse des recueils qu'aucune publication ne peut désormais combler de lacune. Celle-ci pourtant en comble une. Elle en a du moins la haute ambition. Il est généralement reconnu que les revues littéraires nîanquent parfois de sens scientifique; plus rarement les revues scientifiques sont dépourvues de charme littéraire, les vraiment grands savants sont de parfaits littérateurs en leur genre. Les revues d'économie politique ne sont pas toujours très scientifiques, malgré leurs prétentions, et sont quelquefois insuffisamment littéraires. Enfin certaines revues, ne pouvant sans déchoir et sans perdre leur raison d'être, abandonner leur cachet d'œuvres de combat, sont des brûlots ou.des torpilleurs qui inspirent aux âmes régulières un certàin effroi. La Rivista moderna veut être l'organe de l'homme nouveau, de l'homme moderne, de la culture intégrale ; elle désire n'effrayer (1) La Rivisla, moderna di cultura. r•• année, I" fasiscule. Firenze.

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