608 LA REVUE SOC[ALISTE maréch:i.ux Bessières, Moncey, Lannes et Lefebvre. lis n'y firent autre chose que d'essuyer successivement de honteuses défaites, au nombre desquelles celles de Baylen, ou le général Dupont capitula aYec 18,000 Français deYenus les prisonniers des guérillas. En outre, quand le grand stratégistc Bonaparte vint lui-même en Espagne, à la tête de 80,000 hommes qu'il avait eu le soin de prendre dans la Grande-Armée - Yieux soldats, - les insurgés ne le tinrent-ils pas quatre mois en échec? Comment ! nous aurons vu les soldats de Mack, de Brunswick et du prince Charles inutilement stipulés par la « légion vengeresse », jeter bas leurs armes devant les nôtres; et, trois ans aprés, les étudiants prussiens, le landsturm d'André Hœfer et de Blucher nous pousser jusque dans Paris!. .. Nous aurons vu deux millions de pàtres arabes encore indomptés aprés bientôt quarante ans de luttes contre nos armées régulieres - et l'on ne comprendrait pas! Les volontaires de G:u-ibaldi auraient conquis les Deux-Siciles; nous aurons pris Puébla aux réguliers d'Ortéga; nous aurons laissé Monterey, Tampico et Montamaros aux guérillas des Escobedo ! Nous aurons vu Lee, aYcc une armée permanente longuement organisée, battu par les levées populaires du tanneur Grant et celui-ci terminer la guerre de Sécession en obligeant Lee à capituler avec toute l'armée du Nord-Virginie - et l'on prétendrait encore à la supériorité des armées permanentes !... Mais qu'allons-nous si loin pour les frapper d'infériorité! Tous les conflits contemporains ont eu une issue qui les a systématiquement condamnés. Nous avons devant nous des prcuYes décisiYes et d'autant plus caractéristiques qu'elles se manifestent au moment ou l'extension et la perfection apporu~es au systéme des armées permanentes ont atteint leur apogée, et ou cc systcmc a donné - le projet de désarmement du Tsar en témoigne - S'Jn maximum d'efforts. De toutes les armées permanentes, celle que l'Angleterre consacre à son empire colonial est incontestablement l'une des plus méthodiquement et des plus sérieusement organisées. Or, entre tant de défaites subies par les Anglais, leur déMcle du Soudan, qui mit aux prises Gordon-Pacha et Osman-Digma, fut bien aussi lamentable que significative: des hordes fanatiques ont pu détruire une formidable armee reguliérc. Et si, en 1898, les forces britanniques ont pu obtenir, par leur Yictoirc d'Ondurman, une eclatante reYanche sur la cohue <les Den·iches, si le sirdar Kitchener est parYenu à battre le khalife Abdulla, ce dsultat i1'a pu être obtenu qu'après quinze années de tentatiYes longuement ourdies et de ruses dont nul parmi nous ne peut mesurer la laborieuse preparation. Il en est de même pour la France, qui n'a pu Yenir à bout de Samory qu'après un grand nombre d'échecs
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