LA Sl'PÉRIORJTÉ DÉFE~SJVE DES mLICES ~ATIO~AI.ES 607 que Ct:sar, Cicéron et Cincinnatus ne furent pas, que nous sachions, des militaires professionnels.Ne nous y attardons pas et voyons moins loin de nous. Nous constatons que le système de Mfensc de la féodalité n'était qu'une armée permanente. Les seigneurs féodaux avaient le privilège et le monopole de la guerre. Ont-ils su défendre la monarchie française contre l'invasion anglaise? Il est de même acquis que le jour où une fille du peuple - Jeanne d'Arc - chassa l'étranger hors de France, l'armée permanente, l'armée féodale était aidée et entraint:e par l'armée de défense improvisée, par la population. Voyez encore la féodalité armée contre la bourgeoisie des communes : elle n'a pas pu et pas su ctouffer l'essor des Flandres. De même pour Charles le Téméraire : ses troupes aguerries et redoutées se brisèrent, à Grandson et à Morat, contre la résistance spontanée des paysans suisses; elles fuirent lamentablement en laissant 20,000 tués. En nous rapprochant, nous enregistrons qu'un homme de génie, le ministre Louvois, forma une merveilleuse armée permanente : A-t-elle évité à la France les misères et les affronts qui accompagncrent la fin du règne de Louis XIV? Et n'est-ce pas sous le régne du même roi qu'un paysan cévenol, Jean Cavalier, put si longuement tenir tête au maréchal de Villars, lequel ne triompha d'ailleurs de sa résistance qu'à l'aide d'un vil subterfuge? Sous Louis XV, quand le Canada français se jeta sur l'Amérique anglaise, qui repoussa notre invasion? Les milices nationales ou les habits rouges? Toutes les forces de l'Angleterre, ensuite, sont-elles venues à bout des nouvelles levées populaires de \Vashington? Avançons toujours. La Vendée n'a-t-elle pas tenu <levant les Kléber et les Marceau et les chouans c':taient-ils organisés, militarisés? Etaient-ils militarisés eux-mêmes les citadins en guenilles et les paysans en sabots de 1792? Devant eux, qu'ont pesé, aux bords de la Sambre et du Rhin, les soldats du grand Frédéric? N'en était-il pas ainsi, en 1796, pour les soldats d'Italie, pour les vainqueurs d'Arcole, de Montenotte et de Rivoli? Mais voici un exemple encore plus éloquent et plus frappant : c'est celui de l'insurrection 'qui enflamma l'Espagne de juin 1808 à février 1809, et ensuite jusqu'à la fin de 1811. L'armée régulière espagnole fut dispersée aux premiers coups de feu. Par qui, si cc n'est par des bandes : les bandes andalouses et catalanes les léo-ions de B,rutus, et dont les chefs - Mancho, Mina ' ::, et l'Empecinado-,- ont c':téjugés par les historiens comme plus redoutables que les généraux des troupes régulières? Les faits sont là. Napoléon avait alors envoyé en Espagne ses troupes et se.s fameux
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