La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA SUPÉRIORITI~ DÉFE>;SIYE DES MILICES NATIONALES 609 et seulement parce que le hasard et les faveurs d'une surprise lui vinrent en aide. Oublie-t-on déjà que le Tonkin, après vingt ans de guerres et de com~ats meurtriers, n'est pas encore pacifié; que les bandes des Pavillons-1 oirs ont infligé un Lang-Son à nos officiers de terre et de mer réputés les meilleurs, aux Négrier et aux RiYiére, et que la discipline et la Yaillance de nos troupes régulières se sont encore épuisées là sans obtenir la conquête. Oublierait-on aussi les résistances sanglantes rencontrées au Dahomey et à Madagascar par les généraux Dodds et Duchesne? S'il devait subsister quelques doutes, les derniers revers subis par l'Italie et l'Espagne en auraient raison dans les esprits les plus prévenus contre notre thése. Ainsi que l'Espagne, l'Italie posscde une armée des plus permanentes au sens absolu du mot et des plus disciplinées. Qu'a compté le général Baratiéri devant Ménélick, le roi négre d'Ethiopie? Qu'a pesé l'armée d'Italie devant les bandes des chouans, devant la levée des Abyssins? L'effroyable désastre d'Adoua est en notre pensée pour répondre ! Combien encore plus significatives les insurrections de Cuba et des Philippines ! Durant plus de quatre ,rns, les insurgés de la perle des Antilles ont pu tenir tête à l'armée la plus inféodée à l'esprit militaire. Quelques poignées de volontaires, commandés et dirigés par des Maxima Gomez, des José Macéo, des Calixto Garcia, ont vaincu une formidable armée régulière qui avait à sa tête le général Veyler, puis le maréchal Martinez Campos. Quelques légions cubaines, à peine armées, ont fait capituler plus de 180,000 soldats aguerris, équipés et disciplinés; des chefs insurgés ont lassé successivement, dérouté et épuisé toutes les ressources savantes des généraux les plus réputés et les plus résolus de la péninsule ... En quoi donc cela tient-il, sinon de la pensée qui dirige? Le soulhement des Philippines, que l'Espagne tenta de réprimer par l'envoi de renforts considérables appartenant à son armée réguliére, ne triompha-t-il pas? L'Espagne n'assista-t-elle pas, humiliée et impuissante, à cet écrasement : le général Agusti et ses troupes bloquées et capturées dans Manille, par l'insurgé Aguinaldo et ses partisans ? Au surplus, la guerre de Cuba, en deYenai1t hispano-américaine, nous fournit des affirmations tout aussi claires. Là encore, le heurt avait lieu entre deux systèmes d'armées. L'armée espagnole trouva d~vant elle des volontaires américains, soldats depuis la veille, et elle fut battue par eux à chaque engagement. La vieille marine espagnole, qu'entourait une légende de rare vaillance et de haute Yaleur, capitula dans la baie de Santiago, où son escadre fut détruite. Les RoughBlanco et l'amiral Cervera essuyaient les plus douloureux échecs de généraux tels que Schafter et que l'amiral Sampson. Or, le général >9

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