606 LA REVUE SOCIALISTE L'armée permanente a su maintes fois Yioler le droit. Jamais clic ne l'a scrYi jusqu'à la victoire. Elle s'est toujours fait l'auxiliaire servile c.lcsconquérants pour démembrer les nationalités; jamais elle n'a Youlu aiJcr celles-ci à se reconquérir. En France, cc n'est Yraiment qu'envers le peuple et la République - Jonc contre la nation - qu'elle a montré des capacités expertes, un héroïsme sûr. Autant de raisons pour que les républicains et les patriotes sincères soient mis en éveil, pour qu'ils s'accordent le droit de <lireque l'armée permanente constitue un péril intérieur et est inférieure comme moyen <ledéfense. Dans Sous la Force, j'ai longuement fait, aYec toute la documentation désirable, cette double démonstration. Et si Jonc, pour s'en tenir ici à un seul point de vue, on peut opposer à l'armée professionnelle un mo<le d'armement qui lui soit supérieur comme outil de défense, il en sera fait d'un militarisme reconnu comme n'étant plus indispensable, au contraire. Et ainsi on aboutit à la seule solution conforme <\ l'esprit démocratique : ù la substitution de l'armée permanente par les milices nationales, en ayant, pour transition, des réductions graduelles du service militaire. :-lilices nationales! Le mot est làché et il faut le <léfenc.lrccontre les mul,iplcs préventions qui le défigurent. Il faut d'autant plus le foire, que tous ceux qui trouYent Jans le militarisme des carrièrel> confortables et brillantes défendront avec passion le priYilègc que nous menaçons. C'est « l'opinion publique » dont il faut s'emparer pour l.1 soustraire aux erreurs et aux mensonges, pour lui montrer l'incontestable supériorité de l'arml.'mcnt que nous préconisons. On a pu le faire, en se bornant à citer quelques exemples des armées improvisées. i\lais les pn.:vcntions sont trop fortes pour qu'on n'ait pas <lùs'appesantir et citer surtout le cas où les armées improvisées ont joué un rùlc décisif. Il faut que l'on en finisse de YOirune simple garde nationale, insuffisante et indisciplinée, 1.\où doit s'affirmer l'unanimité de l'élan national. L'histoire apporte ses attestations éclatantes, qui ctablisscnt que si les armées improvisces peuYetlt être défectueuses pour <les guerres de conquètcs - guerres que nous n'avons pas à envisager, une démocratie Jc\'ant les condamner, - clics ont le plus souvent cté Yictoricuscs de l'envahisseur. La seule histoire romaine pourrait nous suffire, tant est pénctrantc la <lcmonstration qu'elle contient en notre faveur. Et il serait superflu de Li développer. ~0L1s nous bornerons à rappeler que l'antiquité, Rome et la Grccc, curent dl.'s arn11'.:eqsui rcstcrcnt remarquables de coh~·sion et de force tant qu'elles ne furent pas prétoriennes. De mèmc
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