600 LA REVUE SOCIALISTE génereusement accordes tous les pouvoirs lui assurent l'impunité de toutes ses ignominies. Honneurs et fortune, il finit par tout prostituer en se mariant aYec le rebut de son office, la nommée Agathe Piquetard. De bons bourgeois s'avancent. On les salue. C'est un ménage admirable, celui de Madame et de Monsieur Célestin Crevel. Et comment oserait-on ne pas les saluer bien bas? Célestin Crevel est le type du parvenu. Il a été commis parfumeur. Il s'est éleYé dans les rangs de la domesticité. L'achat de son fonds de boutique coïncide avec la mise en faillite de son patron. Avec la fortune et grâce à la mort de sa première femme, il fait<<la noce». Josépha est sa maîtresse. Josépha est enlevée par le baron Hulot. Madame Hulot est l'objet <1 d'une tentative » de la part de Célestin Crevel. C'est un jeu dans le plaisir bourgeois. Et puis l'ancien commis parfumeur a des histoires avec Héloïse Brisetout. Enfin d'une Madame Marneffe qu'il possède, avec la complicité du mari, il fait sa maîtresse attitrée. Lorsque celle-ci devient veuve, il en fait son épouse légitime. Vous pensez que la société tient à l'écart ce Célestin Crevel, le montre avec dégoût du doigt? Alors vous connaissez très mal le monde. M. Glestin Crevel, après avoir été chef de bataillon dans la garde nationale, est maire d'un arrondissement de Paris. Un homme si riche et si considérable doit être de la Légion d'honneur, tout comme le baron Hulot. Célestin Crevel est en effet officier de cet ordre. Madame Célestin Crevel est de naissance très haute à la fois et très douteuse. Quoiqu'elle ait d'abord porté le nom roturier de Valérie Fortin, elle est la fille naturelle d'un maréchal de France, le comte de . Montcornet. Elle a, en premier lieu, épousé un nommé Marneffe. Mais, de par le consentement de celui-ci, elle satisfait à la fois plusieurs amants. Elle est la maitresse cosmopolite qui se donne aux Français Bulot et Crevel, au Brésilien Mon~ès, au Polonais Steinbock. Elle a des désagréments avec la police dans une maison de la rue du Dauphin. Puis elle est installée par le baron Hulot rue Vaneau. Sa dernière équipéelégale est son mariage avec Célestin Crevel. Et voyez comme elle est peu reconnaissante à ce dernier. Elle communique à son nouveau mari « une horrible maladie » qu'elle a ramassée dans une récente prostitution. Madame et Monsieur Crevel en meurent tous deux d'ailleurs. La suprême parole de l'ancienne Valérie Fortin est : « Il faut que je fasse le bon Dieu! » Ah! j'omets à dessein de parler de l'avare Grandet, de l'usurier Gobseck, du rastaquouère Eugène de Rastignac, du journaliste avili de Rubempré, etc., - la liste serait trop longue. Les exemples choisis suffisent. •
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