LA RE\'UE SOCIALISTE sur sa route et sous diYers pseudonymes un grand nombre de romans. Mais ceux-ci ne se vendent pas. Alors il ,-eut faire du commerce, il devient imprimeur. Il se retire de son entreprise avec des dettes. Ses parents le prennent en pitil'.:. Cependant, sous son vrai nom, Balzac publie Les Cho11r111s. Et toute sa ,·ie, c'est une lutte contre l'argen.t. Il écrit des romans, encore des romans, pour Yivre et pour payer ses dettes. « Je ne dors plus que cinq heures; de minuit à midi, je traYaille à mes compositions, et de midi à quatre heures je corrige mes l'.:premes, écrit-il en Mcembrc 1833. >> Mais cela ne l'empêche pas de dctncurer toujours aussi paunc et d'a\'ouer, en octobre 1836, à celle qui un jour de\'i~ndra sa femme : « Descendu de toutes mes espérances, ayant tout abdiqué forcl'.:mcnt, réfugié ici dans l'ancienne mansarde de Jules Sandeau, à Chaillot, le 30 septembre, au moment que, pour la seconde fois dans ma Yie, je me trouYais ruiné par un désastre imprérn et complet et qu'aux inquiétudes d'avenir se joignait le sentiment de la profonde solitude où, cette fois, j'entrais seul, je pensais doucement qu'au moins je demeurerais tout entier dans quelques cœurs de choix ... Je n'ai pas quitté la rue Cassini sans regret, j'ignore encore si je pourrai conscrYcr quelques parties du mobilier auxquelles je tiens ainsi que ma bibliothéque. J'ai fait par aYancc tous les abandons, tous les sacrifices de menues jouissances et des souvenirs, afin d'avoir la petite joie de les sa\'oir encore à moi. >> Et puis, il n'a pas l'.:téassez riche pour être de l'Académie :_ « Je sais aujourd'hui trop sûrement, dit-il a Charles Nodier en r8-16, que ma situation de fortune est une des raisons gui me sont opposées à l'Académie ... Si je ne puis par\'enir a l'Academie ù cause de la plus honorable des pau\'rct<'.:s, je ne me présenterai jamais aux jours où la prospérité m'accordera ses faveurs. » Balzac écrit ces lignes qui s'éléYcnt à la hauteur d'un dithyrambe : - Je Yous certifie que la plus cruelle co1wiction me gagne, je n'espère pas résister à de si rudes travaux. On parle des victimes dues à la guerre, aux épidemics; mais qui est-ce qui songe aux champs de bataille des arts, des sciences et des lettres et à ce que les efforts violents faits pour y réussir y entassent de morts et de mourants? Dans cc redoublement de traYail qui m'a saisi, pressé que je suis par la nécessité, rien ne me soutient. Du traYail, toujours du traYail ! des nuits embrasl'.:es succcdent à des nuits embrasées, des jours de méditation à des jours de méditation, de l'exécution à la conception, de la conception à l'exccution ! - Je ne sais si jamais cerveau, plume et main auront fait pareil tour de force à l'aide d'une bouteille d'encre (r). ( 1) Lettré du I ; aotit 183S.
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