La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE E:1 juin 1831, de Paris, il écrivait à M. Henry Berthoud : « Ce que vous m'avez dit de Cambrai m'a suggéré l'idée de m'y présenter comme candidat. .. Ouf! tout est dit ... Maintenant, quant à moi, quelle espéce d'ouYrage politique pourrait appuyer ma candidature à Cambrai? ... » (1). D'Aix, le 30 septembre 1832, il écrivait aussi à son cditeur, M. Mame: « !\!on élection est chose arrêtée dans les sommités du parti royaliste, en cas d'élections générales » (2). Heureusement pour les lettres françaises, Balzac, candidat à Angoulême, ne fut pas élu. Enfin, Balzac dcplora l'aYènement des idées rcpublicaines en France. Il s'en effraya même. Naï,·ement, il ccriYit de ViezschoYnia (Russie), où il ctait pour son mariage, à son ami Laurent-Jan afin de savoir si la Rcpublique lui permettait encore de déjeuner au cafc Cardinal et de dîner chez Vachette (3). Il affirma, le 30 avril 1839, à sa sœur, que les desastres de la Révolution de FéHier n'étaient pas connus ni finis. « Cette sotte levée en masse de la démocratie, Lamartine en tête, a cause bien du mal à la France et elle dhorera ses auteurs»(,,). Bien mieux, aprés son mariage aYec la comtesse Hanska, un mariage « gdce à Dieu, béni et célébré dans l'cglise Sainte-Barbe de Berditchef par un enyoyé de l'cyêque Jitomir>>, et, de son retour à Paris, il a cc désir enfantin d'avoir un salon, d'exercer une influence sur les choses de son temps. Mais la_mort ne le laisse pas jouir de sa nouvelle fortune. Dans ses Nouveaux essais de critique el d'histoire, Taine explique pourquoi l'auteur du Père Goria!, comme tous ceux qui ont une mau- ,·aise opinion de l'homme, est aussi absolutiste. C'est que, !orque l'on ne Yoit dans la société que des passions égoïstes et hostiles, on implore une main toute puissante qui les brise et les réprime. Et !'écrivain des Origi11esde la Fra11ceco11/e111porai11e de réfuter comme suit les thcories politiques de Balzac: - Des esprits mal faits rcpondraient peut-être que, contre les Yiccs des hommes, YOUS cherchez un rcfuo·e dans un homme naturcl- n lcment aussi Yicieux que les autres et encore gàtc par la licence du pou\'oir absolu. lis Yous feraient remarquer que si une presse et une Chambre libres sont le thcàtre d'ambitions rivales et l'organe d'intfaêts égoïstes, cl!C'sprêtent une Yoix à toutes les minorités contre toutes les (1) Corresf'o11da11ce, tome[, p.,gc 121. (2) Corresj•o11da11ce, tome 1, p.1g<.!218. (3) Correspo11da11cc, tome 2, pagè 339. (-1) Co, respoi1da11ce, tom<.! 2, page 4or.

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