La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

594 LA REVUE SOCIALISTE P:rnthéon. Ce qui n'crnpèche pas que j'approuve la décision du conseil municipal de Tours» (r). Enfin, voici qui va encore exciter la colère du Temps et des DJbals. Le comité parisien des fêtes du centenaire de Balzac a dccid<'.:, pour les mêmes raisons qui ont fait agir le conseil municipal tourangeau, de ne pas se rendre :'t l'invitatior~ du comité de Tours. Il est nai que ceux qui ont ainsi refusé cette invitation sont des socialistes et des rl'.:Yolutionnaires comme Marcel Batilliat, Lucien Descaves, Hippolyte (i) Notre collaborateur et ami a tenu sa parole. Il a déposé sur le bureau de la Chambre, la proposition de loi sui\'ante : « ARTICLEPREMIER-. Les cendres d'Honoré de Balza~ seront transférées au Panthéon le 20 mai 1899, date du centenaire anniversaire de la naissance du grand écrivain. « ARTICLE 2. - Un crédit de cinquante mille francs est ou,·ert pour l'organisation de cette cérémonie, à laquelle seront invités tous les grands corps de l'État. » Cette proposition est en même temps signée par Paschal Grousset, René Viviani, G. Rouanet, E. Vaillant, Levraud, J.-L. Breton, Groussier, Chauvière, Allard, etc . . ous croyons mile ,le reproduire ici l'exposé .des motifs de la proposition Fournière : « Messieurs, au cours de la précédente séance, deux propositions vous ont été faites en mémoire des victimes de nos discordes politiques et les partis ont paru se mettre d'accord pour qu'un hommage égal fût rendu à leurs morts respectifs. « ,\lais s'il est bon de perp~tuer le souvenir de nos tristesses, s'il est salutaire de chercher dans les douleurs de notre passé des enseignements de tolérance et d'équité, il est tout aussi juste et tout aussi nécessaire de nous rappeler et de rappeler au monde que le rayon de gloire que les lettres donnent à la France est un des plus purs, des plus lumiueux et des plus bienfaisants, et qu'il demeure un des titres impérissables de notre patrie à l'admiration et à la reconnaissance des siècles. « Hor.oré de Balzac n'appartient à aucun parti. Il appartient à la France. Son génie reconnu et acclamé fit taire les polémiques, et le grand écrivain, terrassé par un labeur surhumain, put mesurer sa gloire avant de descendre au tombeau. « Deux générations ont ratifié le jugement de ses contemporains et l'univers ci\·ilisé y souscrit avec une pleine unanimité. « Dans quelques jours, ses admirateurs cél~breront le centième annivers,,ire de sa naissance. Par une pétition qui est entre les mains de M. le Président, ils demandent pour Balzac les honneurs du Panthéon. « Ces honneurs ne sont point prématurés, et puisque la France a rendu a ses enfants illustres le monument que la Convention leur a,;ait dédié, l'auteur de la Comédie lm111ai11e y a sa place marquée à côté de l'auteur de la Lége11dedes Siec/es. " Au lendemain de la mor: de Balz1c, un des maîtres de la critique française a,lressait .i nos prédécesseurs l'éloquent appel que voici : « Allez, messieurs les législateurs, « lisez, étudiez l'œuvre du grand Balzac, abreuvez vos esprits à cette source abondante. « qu'elle leur inspire des pensées bienfaisantes et fertiles, pour le progri:s véritable, « pour le bonheur matériel et moral des peuples! Ne craignez point de l'épuiser! Tenez « pour certain que le vingtième siècle y trouvera, apri:s vous, d'immenses trésors que « \'OUS .1urez méconnus; car, je vous le dis, en vérité, B,tlzac est un des hommes « sublimes, qui, pour me ser\'ir de l'expression de Béranger, ont le plus richement « ensemencé les champs de l'avenir. " « Cet appel de Jules Janin sera entendu des législateurs :1 l'aurore du vingtième sii:cle et c'est avec confiance que nous déposons sur le bureau de la Chambre la proposition de loi suivante pour laquelle, vu les délais très courts qui 'nous sont impartis, nous demandons le bénéfice de l'urgence. » Ajoutons que, dans sa sbnce du 5 mai, l:t Chambre a voté l'urgence à mains levces et que la proposition Fournière ,1 été renvoyée à l'examen des bureaux • •

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