La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

BALZAC RÉVOLUTIONNAIRE 593 se passer de contrastes et qu'on n'instruit pas les hommes par la seule peinture de leurs vertus? ... « Je n'ai ni le pouvoir ni la volonté d'appeler de ses arrêts, et je ne prétends pas ici défendre mon frère. Le temps, qui a consacré tant de génies contestés ou insultés i leur époque, lui assignera sa place dans la littérature française. » Et voyez jusqu'où va la méchanceté politique. Au lendemain du refus de la subvention pour la célébration du centenaire de la naissance de Balzac, le Journal des Débats et le Temps s'en prennent a notre parti ( r ). « Le conseil municipal de Tours est socialiste ... Ces socialistes se moquent de tout cc qui fait la gloire de la France et de la pensée humaine. Ces farouches adversaires de 'l'ignorantisme en sont, en réalité, les plus acharnés partisans ... C'est l'invasion des barbares. Et de celle-ci l'humanité ne se relèvera pas ... )> Les partisans de l'ignorantisme, ce sont ceux qui ont été demander le concours du clérical féroce qu'est M. Brunetière. Les membres du conseil municipal de Tours sont restés dans la tradition républicaine en ne voulant pas s'associer à ceux qui effrontément veulent se servir des gloires de la France pour leurs querelles locales. C'est pour cela que le Temps et les Débats les blâment. Jaurès, a qui je montre les numéros de ces deux journaux, hausse les épaules et répond : - « Les auteurs de ces articles ont commis une erreur. Nous refuser de nous associer à ceux qui ont fait la gloire de la France et de la pensée humaine! Mais, dernicremcnt encore, n'est-ce pas un socialiste-revolutionnaire, le docteur Navarre, alors prcsident du conseil municipal de Paris, qui, au Pantheon, a fait l'cloge de Michelet? - N'est-ce pas un autre socialiste-révolutionnaire, le maire de Lille, G. Delory, qui, a l'inauguration de la statue de Pasteur, a fait l'éloge du prédécesseur de M. Duclaux? Cependant Nlichelet ne fut pas socialiste et Pasteur fut catholique pratiquant. .. Tous ceux qui, de leur viYant, ont servi les lettres et les sciences nous appartiennent, à nous révolutionnaires, car, même sans y songer ou même malgré eux, ils ont travaillé au triomphe de nos efforts. Ceux-ci tendent aussi bien à l'affranchissement des besoins matériels qu'à l'émancipation completc de la pensée ... >) Eugène Fournicre est du même avis et ajoute : - « Quant à moi, à la rentrée du Parlement, je déposerai un projet de loi ayant pour but la translation• des restes de Balzac au (1) Les Débats du 6 avril 1899; le Temps du 16 anil . •

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