La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

592 LA REVUE SOCIALISTE doute trés curieux Jans son archaïsme savant; mais, si on voulait lui appliquer la régie qu'il applique aux autres, quelle recherche, quelle affectation, et combien éloignée du naturel de la plupart des classiques! Quel embarras il fait avec ses qui, ses que, ses aussi bien et ses tout de 111ê11q1ue !>> (1). Eh bicn ! c'est cc même l\1. Brunetiere qui formule ce regret : « Si Balzac a\'ait su seulement écrire dans une langue voisine du français ... » (2). Or, pour célébrer l'auteur de la Comédie H11111aiue, lors du centenaire de sa naissance, - le 16 de cc mois, - sait-on qui l'on a choisi? - Le directeur de la Revue des Deux }Jo11de!s Il y aurait licu de s'étonner si l'on n'avait pas appris depuis longtcmps que les membres du comité Balzac, à Tours, sont des conscrY,lteurs et que M. fcrdinand Brunetiére n'a été désigne qu'en vue de l'accomplissement d'une manifestation réactionnaire. Peu importe quc le directeur de la Revue des Deux Mo11des ait sans cesse cssayé de diminuer le puissant ccri\'ain. Cc que les conservateurs tourangeaux Yoicnt en M. Bruneticrc c'est l'homme qui a déclaré que la Science aYait pcrdu son prestige et que la Religion aYait reconquis une panic du sien (3). Ils oublient seulement que, cette Science, Balzac l'a exaltée dans toute son œuYrc, que, cette Religion, il l'a justement bafouée d:rns maints de ses romans. lis oublient surtout que l'auteur de la Co11uJdiHe11111ai11e a tc 111is à l'I11d1·x par le Vatican depuis un grand nombre d'années et qu'il n'y a p;1s si longtcrnps encore il fut Yiolemment attaqué par tous ceux qui se réclament de la réaction et de l'Église . . \ Cè point que i\lmc Laure SurYille était obligée de prendre la plume et d'écrire en un Yolume sa pensée sur la vie et les ll'ltvres <leson frérc. En aYant-propos, elle dcclarait, le 15 ja1wier 1856 : « La Co111cdie Hu111ni11e a suscité presque autant d'attaques que d'admirateurs. Tout récemment encore des critiques l'ont jugée séYcrement au nom <le la religion et de la morale que les adn:rsaires des grandes renommées tâchent toujours de mettre de leur parti. Je ne sais si, à aucune cpoqucJ il y a eu en France un peintre de mœurs qui n'ait pas été accusé de faire scandale et quelle littcrature sortirait des principes se\·crcs qu'on Yeut imposer aux écrivains; si ceux qui les professent se mettent à l'œunc réussiront-ils à prouYer, par l'exemple, que Balzac s'est trompé quan<l il a cru que le roman de mœurs ne peut (1) Étude sur le Roman expérimwlal. (2) La Scienceet la Rcligio11, par F. Brunetiére. (3) Les Co11/e111poraius, première série, p~r Jules Lemaitre.

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