591 BALZAC RÉVOLUTIONNAIRE ' Un homme d'esprit étroit et lourd, M. Ferdinand Bruneticre, s'est juché sur la collection de la Revue des Deux Mondes et, de ses deux mains grossiéres, a tenté d'attaquer, de continuelk façon, les romanciers naturalistes. Ce sera un des honneurs d'Émile Zola d'arnir été lamentablement critiqué par cet homme-là. Et si ce bon géant des lettres que fut Balzac avait besoin d'être grandi, il suffirait de rappeler que 1'1.Ferdinand Brunetiére ne l'épargna pas non plus. L'auteur Je la Co111édiHe u11rni11e fut sans cesse dénigré par le directeur de la Revue des Deux Mo11des: « La part de Balzac, si considérable soit-elle, ne l'est pas plus que celle des romanciers qui, sur le:, traces de \Valter Scott, ont les premiers replacé dans leur milieu les hommes d'autrefois ou essayé de les y replacer. Et pourquoi si c'est :'t Balzac un mérite si rare« d'aYoir dégagé de l'argent tout k pathétique « terrible qu'il contient », n'en serait-cc pas un aussi rare a Rousseau que d'ayoir fait le premier descendre le pathétique de l'amour des hauteurs de la scène tragique dans le roman de la vie commune?» ( 1). Notez bien que nul balzacien ne songe a refuser une influence aux successeurs de \\'alter Scott, pas plus qu'à 1rn'.:connaîtrele talent de Rousseau. Mais la critique de M. Brunetière est telle qu'il ne craint pas de prêter ù qui lui déplaît les arguments dont il a besoin pour ses réfutations. Ailleurs, il écrit, obligé qu'il est de s'incliner devant le talent de l'auteur du Pere Goriot : « Admirons Balzac, mais ne sacrifions personne sur son autel. li n'a pas fon<l6notre roman actuel » (2). Mais voici oü la polémique de 1'!. Ferdinand Bruneti6re devient risible. Un de ses amis a dit de lui : « Le style de M. Bruneti<'.:rest sans (1) Étude sur Les ·Origines d11Ro111a11a/11ralisle. (2) Id.
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