La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE Comme l'a exposé ·w. Roselier dans GesrlJic/;/deer Nalio11al-Œko11om1Ïit11Dl'lllsclJ!a,,d, en Allemagne comme partout, la théorie mercantile y ;1\•aitprécédé celle de la liberté naturelle, mais la science économique y amit de bonne heure reYêtu, dans l'enseignement et dans la pratique, une forme gou\'erncmentale qu'elle n'a pas perdue depuis et qui tient:\ la persistance et même au déYeloppement d'un domaine de l'Ùat. L'origine de cc socialisme spécial de la chaire et du gouvernement est dans les sciences dites caméralistiqucs. Vers la fin du MoycnAge, dans presque tous les pays allemands, il y a un conseil (Km11111er, Ca111era) chargé de la direction des domaines publics et de tout ce qui concerne les pré\'ogatiYes royales. L'empereur i\Llximilicn aYait trouvé cette institution en Yigueur en Bourgogne; il établit sur le même modele des conseils auliques à lnspruk en q98 et a Vienne en 1501. La Bourgogne cllc-mc'.:rneles tenait de Frédéric 11de Sicile lequel, ainsi que l'a montré parfaitement j\[. Nys, les emprunta aux institutions des conquérants musulmans. Ces conseils s'occupaient spécialement des finances, des impôts et des reglcments en matiére économique, de l'exploitation des terres, des bois et des mines composant le domaine public et en mc'.:metemps de l'enseignement technique de toutes les sciences relati\'cs à ces objets. Nous a\'ons déjà vu que les cités les plus libres et les plusaYancées au point de Yue du Jcye]oppcment économique furent aussi les pre-· micres à avoir une monnaie honnête; des lequinzicrnesiccle, les principales YiIles des Pays-Bas avaient imposé au sounrain de ne pouYoir altérer ou changer les monnaies sans leur consentement. Ce droit aYait etc proclamé comme principe constitutionnel dans la célèbre U11io11 d'Utrecht. Jean de \\' itt ( r62 5-r 6ï2) déYcloppa et regularisa le systcme des emprunts. Il était lié aYcc Huddc et Huyghens, les prédécesseurs de l'illustre Halley en Angleterre. Son mémoire sur les rentes Yiageres, basé sur les tables de mortalité et le calcul des probabilités, est un des premiers documents historiques de la science des finances. Signalons que de \\'itt préférait du reste l'impot aux emprunts et qu'il le voulait très éleYé pour que les conditions de la Yie fussent les plus chcres possibles; c'étaitd'aprcs lui un stimulant à l'activité économique. La même doctrine fut longtemps et viYement soutenue en Angleterre. Nous ne voulons en retenir, au point de Yue du processus futur de l'évolution du crédit public que nous aurons à décrire postérieurement, que cette légitime reaction contre le systéme des emprunts dont les exces n'étaient alors que trop manifestes. Vers la fin du dix-septicme siecle, il faut signaler un écrit anonyme publié à Utrecht en I6ï9 et ou se manifestent des tendances en partie analogues : Deduclie verloo11i11ghœ dat à!11 de Ge1111ierdPerovi11tien

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