La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

ESSAIS St:R LA MONNAIE, LE CRl~DIT ET LES BA'.\'QL:ES 585 groole w co11sidembles0111111vean,, pen11i11ges1o1udelw11ne1w1erde tœgebrac!Jt,s011de1r1ieuweschalli11gwin le voere11. L'Angleterre parcourt tous les stades et passe par toutes les combinaisons de formes du crédit public des autres nations, mais a partir du moment oü elle prend la tête de la civilisation éconornigue, elle réalise des progres non encore entre\'us ailleurs. En dehors du domaine, du trésor, des altérations monétaires, des exactions et confiscations spécialement a charge des Juifs, les rois d'Angleterre recourent aux emprunts forcés et Yolontaires. Ces derniers, comme partout, reYêtent d'abord le caractère de prêt sur gage mobilier. Henri V, pressé par les besoins de la guerre contre la France, engage sa couronne pour Yingt mille marcs à l'évêque de \Vinchester, et ses joyaux pour dix mille marcs aux bourgeois de Londres. Cet engagement réel de la Couronne, symbole de la puissance collective, était, remarquons-le bien,sous sa forme concrete et tangible, le point de départ, la forme simple et rudimentaire de toute l'érnlution du crédit public qui dès le commencement du dix-huitième siècle allait aboutir a l'engagemwl général et purement littéral ou Yerbal de l'État. Au quinzième siecle, les joyaux de la Couronne sont à diverses reprises donnés en garantie pour subYenir aux frais de la guerre sur le continent; la Couronne même dut être dégagée pour permettre le couronnement de Henri\'~ comme roi de France. La Couronne en réalité fait partie des joyaux, ceux-ci du trésor mobilier en général, lequel est le complcment du domaine foncier. C'était la base du crédit public du temps. Henri \ï a un trésor, comme le pape Jules II, comme le duc de I\!ilan Galeas Sforza, comme les rois de France, etc., etc., ont des trésors ou désirent en aYoir; tous les publicistes de la Rcnaissance conseillent, écrit M. ys, d'avoir un trésor; la difficulté est d'économiser et d'en former un; aussi les théauriseurs sont l'exception bien gue le principe soit l'idéal. En Angleterre, ericore au commencement du dix-septième siècle, Th. Mun sera partisan de la création et de la conserYation d'un trésor de l'État. Les rois d'Angleterre ont aussi recours aux bwevolwces, ou dons volontaires gue leur font plus ou moins librement les marchands anglais ou étrangers fixés en Angleterre ou non. La distinction entre l'emprunt volontaire et l'emprunt forcé naît précisément des ciconstances; si le prêteur est un étranger non fixé en Angleterre, l'emprunt forcé est impossible, à moins gue le prêteur n'ait dans le pays des intérêts qui le rriettent plus ou moins dans la dépendance du prince. Les emprunts volontaires consentis par des capitalistes étrangers sont le plus souYent garantis par des revenus spéciaux; ainsi, Edouard III

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