La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

ESSAfS SUR LA MONNAIE, LE CRÉDIT ET LES BA~QUES 581 un an; la g~crre s'étant prolongée, le remboursement fut remplacé par une rente au denier 16 soit à 6 1/4 °/0 • En 15 76, le gouYcrnement n'hesite pas à mettre saisie-arrêt sur l'or et l'argent vênant des lndes et qu'il avait cependant donne en garantie aux maisons de banque dont il etait le dcbiteur. En I 595, troisieme banqueroute. En 1603, telle est la pauvreté du trésor royal, et la monnaie d'argent est devenue si rare relatiœment à celle en circulation dans les autres pays de l'Europe, que la Yaleur du billon et des piéces de cuiue est doublée. On en reYientaux. expédients primitifs; deux membres du conseil royal des finances et le Conseil de Castille proposent d'altérer la valeur des monnaies. Cette proposition, écrit Ranke, fut accueillie comme« une inspiration divine». La Yaleur du cuivre pour la frappe fut portée au double; la prime sur l'argent , '1 ' o/ se eva a 40 o, Sous Philippe IV, de 1621 à 1655, le billon de cuivre est porté à peu prés à l'équiYalence de l'argent; le roi proclame son droit absolu de ne tenir aucun compte des réclamations des créanciers de l'État. L'argent et l'or surtout naturellemcnts'écoulent; l'exportation en est en Yain interdite sous peine de mort. Toutes ces me5ures Yiolentes et arbitraires eurent cependant pour resultat d'enrichir provisoirement le trésor public aux dépens de la masse de la population. -Voici du reste le rapport légal admis pour la frappe des monnaies d'or et d'argent de 1 499 à la fin du dix-septiéme siccle : 1499-1502. 10,755 l 5 45 · I0,755 l 546. 13,333 1580. 13,333 1611. 1 3,333 1641. 14,00 1650. 1 5 ,oo 1690. 16,00 L'état du crédit public en Espagne au dix-huitiéme siécle peut être apprécié par le tableau suivant des recettes annuelles moyennes de la monarchie : (millions de réaux) Recettes Dépenses Déficit Boni 1598-1621 (Philippe III). 97 132 805 )) 1621-1665 (Philippe IV). 401 183 )) 9· 592 1665-1700 (Charles II) . 88 192 3.640 )) La ruine des finances publiques momentanément retardée devait éclater ·comme en France au dix-huiticme siécle, et malheureusement ' ne plus jamais s'arrêter.

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