La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA RE\'üE SOCIALISTE Emprunts en rentes Yiagércs, loteries et tontines; Emprunts h.1sés sur L1libre confiance: caisses publiques de dépôts. Cette éYolution représente assez bien le rnouYement général du crédit public en Europe ù partir de l.1 fin Je l'empire romain jusqu'au commencement du dix-huitiémc siccle. Nous allons maintenant en confirmer et compléter la description par qnclqucs faits typiques empnrntés .i l'histoire d'autres pays et surtout montrer comment les formes réalisées en France aYec plus ou moins de succés se sont dé\'doppécs plus rapidement et plus réguliéremcnt ailleurs, notamment en Angleterre, OLI clics ont mémc donné naiss.rnce à des structures encore plus avancées. Cc qui ,·a suiHc sera donc non seulement la confirmation mais l'extension du processus décrit précédemment. L'histoire financiére de l'Esp,1gnc au i\[oycn-.\ge et pcml.111t lapériode J'uni(ication royale ne se distingue gucre de celle de la France sauf en cc qui concerne son rôle de réservoir et de distribution 1~1étalliques dont nous ayons traité antérieurement; la conclusion en fut c:galcment la h;111qucroute. Il en fut de méme en Portugal. Comme en France, en Castille et ailleurs, les prêts de rente reposent surdes rennus déterminés Lt non sur le re\'enu général du pays; ce systéme financier est seul usité. Charles Quint ne p,irYenait ,\ emprunter qu'.\ I 5 ° 0 a ses propres sujet5, rnmme le sign.11.iit l'agent angl.1is, \\ïlli.un Dansell, ;\ son gou\'ernement. .\ trois reprises différentes; Philippe Il fait banqueroute ;\ ses eng.1gemcnts. En r 555, le gou\'erncme11t aY,tit commencé p.ir réYoquer toute consi~nation consentie par lui, :\ titre de garantie, sur les re\'enus de l'Et.1t, puis il offre Je payer une rente annudle de 5 ". o, fin.1lement u1 r 55 6 iI paie ù ses créanciers de 1 o .'i r t O 0 pour solde de leurs cn'.:111cc,.Le Portugal, en 1557, ,l\'ant sa réunion.\. l'Espagne, fait une faillite l'.-g.1lcment désastreuse. Dét.1il piquant, i'.-crit nl. ;\ ys, d.111 s ses Rccbnc bcs Sil r l' Jlisloi rc de l' Ero,10111 fr pol ili,111c, «quand le roi de Portug;il rc:duisit SL'S paiements, il in\'oqua les scrupules de sa conscirncc l't les exhortations des théologiens qui lui rcpr11ch.1icnt comme de l'usure le p;\iement d'un intérêt de plus de 5 ° o ! » .\ la différence de l'It.tlie, l'Esp.1gne est du reste p.rnneen économistes; sud d1.:sthéologiens et de,; juristes tr.1itaicnt accessoirement ces m:itiéres. P;1rmi eux, il faut citer Pierre lklluga Je \'akncc qui .wait dédié .i .\lphonse, roi d'.\r.1gon et de Sicile, son Spcrn/1111p1ri11cip11111ac juslili,r, oü il touchait aux prohlémcs de l'11111orlisalio11, du fisc, de l'usure et d1.:sdimes. En r 558, par ordonnance de Philippe 11 d'Espagne et som prétexte de la guerre contre Li France, il est demandé.\ ses sujets Je l'.tssister sous forme d'emprunt.' On créa un comité composi'.· de régents de la vieilk cour désignée autrefois sous le nom de Couurnt de Sai11!c-Catberi11e, lcsquds consentirentà prêter au roi r, roo ponders de ~o gros pour

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