LA REVUE SOCIALISTE 4° De faire un emprunt immédiat de 1,200,000 livres remboursables dans deux ans avec les intérêts au moyen d'une augmentation équivalente sur les gabelles et cinq gros~es fermes de l'État; 5° D'obliger, par les poursuites d'une chambre de justice, les traitants qui avaient fait de grosses fortunes pendant les époques troublées, à payer une taxe sous forme d'emprunt. (Sur 150 millions exigés par les traitants des contribuables, trente à peine entraient dans le Trésor public) (1). En I 601, il fait décréter la réduction du capital des rentes et celle de leur intérêt du denier 10 et 12 (10 °/o et 8 1/3 °/0) au denier 16 (6 2/3 °/o). Quant aux rentes vérifiées en vertu d'édits, antérieures à l'année 1375 et primitivernentcrcéesau denier met 12 (10 et8 1/3 °/o) et qui étaient les plus anciennes rentes de la monarchie, il les réduit au denier 18, soit à 5 5/9 °/o; traitant ensuite des rentes créées postérieurement il ajoute : « plus toutes autres rentes constituées depuis l'année 1375 seront réduites, a dater de leur origine, à raison du denier 18, sinon qu'il fût bien justifié qu'elles auront été créées pour tout argent actuellement déboursé». Ce n'est pas tout: « Plus toutes rentes du grand parti de Lyon pour lesquelles avait été composé avec les intérêts à 5 °/ o en rachat de 60 °/ o et ont été mises depuis au denier 10 ou 12 seront réduites au denier 25 (4 °/o), et les arrérages reçus outre cette proportion imputés sur le sort principal. » C'étaient des mesures absolument révolutionnaires dont l'audace surprendrait nos contemporains les plus radicaux; grâce à elles, èe grand ministre trouva, en moins de quinze ans, le moyen de diminuer les tailles Je 5 millions, les droits intérieurs et autres petites impositions, frappant surtout la cohsommation de moitié; d'augmenter !es rnenus du roi de 4 millions; d'acquitter 100 millions de créances sur l'État; de racheter pour 35 millions de domaines; de dépenser 7,442,000 livres pour établir et soutenir des manufactures. Sous son ministére, l'intérêt légal de l'argent avait aussi été réduit de 10 :l G 0 / 0 • A la mort de Henri IV, il y avait à la Bastille un trésor disponible d'enYiron 36 millions de livres tournois en vue de la campagne projetée contre la maison d'Autriche et de la réalisation de son plan de pacification européenne (2). Apres la retraite de Sully, les finances retombérent dans leur (1) Sully, Trnilé du reveu11el dépmses de Fra11ce. (2) I. Bourgoin. La cbasseaux larrons, ou avant-coureur de l'histoire de la Chambre de justice, des livres du bien public et autres œunes faits pour la recherche des financiers et de leurs fauteurs, Paris, 1618. - Jacques Bresson, Histoire fi11a11ciérdee la France, Paris, 1843.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==