574 LA RE\'t:E SOCIALISTE vend pour neuf millions de biens confisqués aux protestants et la somme de ses exactions sur le clergé de son propre culte s'éleva a 200 millions de lin-es; l'Église payait cher le fanatisme du roi qui vend même des reliques pour une ,somme de neuf millions de livres. Il emprunte aussi de l'étranger 70 millions de livres dont la rente fut assignée sur !'Hôtel-de-Ville de Paris ( r). Nous avons dit que les rentes se différencièrent en viagères et perpétuelles. Le système adopté en France, a dater de r 5 22, est celui des emprunts en rentes perpétuelles payables a !'Hôtel-de-Ville de Paris. Du reste, les bourgeois d'autres YiIles, comme Orléans, Troyes, Toulouse, Rouen, fournissaient aussi des capitaux aux rois dans les mêmes conditions. Le gom·ernement ou même des administrations locales empruntaient s'engageant a payer une certaine rente contre le Yersement d'un capital. Dans ces cas, le roi proposait aux autorités municipales une rente en échange d'un capital; comme garantie, il engageait les revenus et les produits de certaines aides, gabelles et impositions; la ville acceptait a la condition de constituer des rentes à ceux qui bâillaient tout ou partie de la somme, généralement au taux de roo livres de rente pour 1,200 versées comptant, soit 8 1/3 °/0 (2). Ainsi, malgré le mauvais état des finances, il suffisait que, par l'intermédiaire d'organismes municipaux, c'est-à-dire collectifs, le gouYernement s'adressfit au public en général, pour que les conditions du crédit public deYinssent moins onéreuses. • Aux États-Généraux de 15 58, le roi essaie de contracter un nouvel emprunt de trois millions d'écus <l'or; le cardinal de Sens, au nom du roi, dit que pour ne pas charger le peuple, il veut « trouver trois mille personnes de son royaume qui lui prêtassent chacune mille écus». Le clergé, d'après l'auteur de la proposition, était prêt à contribuer pour le tiers; il ne fallait plus que deux mille autres souscripteurs; l'emprunt devait être au denier douze, soit 8 1/3 °/0 . Moyennant ce, le roi s'engageait a diminuer les tailles et supprimerait certains impôts. Le projet fut modifié dans le Conseil priYé; il fut décidé que les députés seraient dispensés de dresser des listes nominatives, mais qL1echaque ville serait chargée de trouver une certaine somme, sauf à la répartir librement (3). Les collectivités urbaines étaient donc (1) Nicolas 13.trnaud du Crest, Le Secret desfina11cesde Fra11ce, descouvert et départi en trois livres par Nic. Froumenteau, et maintenant publié pour ouvrir les moyens légitimes et nécess,1ires de payer les dettes du Roy, descharger ses sujets des subsides impozez depuis trente .111set recouYrc:r tous les deniers prins it Sa Majesté, 1581. Cet ouvrage contient de nombreuses et intéressantes statistiques. (2) Vührer, Histo.irede la delle p11bliq11een Fra11ce, I, p. 19. - Nys, Recbercbesrnr /'His/vire de l' I.:'co110111ie politiq11e. • (3) G. Picot, Histoire des Èlats-Gc11éra11x, II, p. 5.
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