La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

ESSAIS SCR LA MO~NAIE, LE CRÉDIT ET LES BA~QlJES 573 ESSAIS SUR LA MONNAIE LE CRÉDIT ET LES BANQUES (Suite) En attendant, François Jer introduit en France l'institution des loteries déjà existante en Italie, spécialement à Gênes et à Venise; l'appât du jeu devait ainsi suppléer au défaut de confiance. Proscrite en 1687 par Louis XIV, elle devait être réorganisée malheureusement en 1700 sous forme de loterie royale dont le monopole fut réglé en _1776 et affermée. La Convention la supprima « comme un fléau inventé par le despotisme ». Nous verrons dans la suite que cette suppression ne fut pas définitive et que non seulement certaines nations, même européenne~, ont conservé l'ancien système dans toute son immoralité, mais qu'il a pénétré les couches sociales les plus profondes par les emprunts amortissables par tirages au sort avec primes. De leur côté les rentes se différencièrent en rentes perpétuelles ou viagères, en rentes amortissables ou non. Celles sur l'Hôtel-de-Ville continuèrent; Henri Il, à trente-trois reprises différentes, crée chaque fois sur !'Hôtel-de-Ville de Paris pour 543,816 livres 13 sous 4 deniers de rentes. En outre, en 1551, il emprunte cinquante mille écus au canton de Soleure; la créance doit être cautionnée par les seigneurs de Neufchâtel et outre ces garanties, il faut qu'il engage : « au défaut d'icelles qui ne fussent suffisantes, notre royaume avec tous et chacuns appartenances, prééminences, jouissances d'icelui ». A la fin du règne de Henri III, il existait en rentes perpétuelles sur !'Hôtel-de-Ville de Paris 2,038,955 livres, 2 sous, 6 deniers, non compris les rentes sur les tailles et autres revenus locaux, rentes qui se payaient sur les lieux, dans les provinces. Cela n'avait pas encore suffi pour créer l'unité et la grandeur de la France. Ce roi très catholique

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