LE SOCIALISME ET L'EXPA:-./SION COLONIALE COKTEMPORAllŒ 565 un moyen de gouvernement. Elle a restauré dans une certaine mesure, l'omnipotence, l'absolutisme ministériel, en supprimant le contrôle. Nos expéditions exotiques françaises ont été engagées sans l'aveu des représentants du pays, conduites contre leur gré, poursuivies parfois malgré leur Yeto. En dépit des régies constitutionnelles, Ferry et ses successeurs ont jeté la France dans des guerres lointaines, de leur propre autorité, hors la consultation obligatoire des Chambres. Cellesci étaient ensuite invitées à payer les frais, et trop domestiquées pour refuser, accordaient la loi d'indemnité qu'on sollicitait de leur complaisance. De même, les campagnes de l'Italie en Erythrée n'ont jamais été autorisées préalablement. Les cabinets anglais, tenus à plus de réserYe, de par une longue tradition parlementaire, ont mérité souvent les observations des Communes. On peut ne pas être enthousiaste du systcme politique actuel, et reconnaître toutes les tares du parlementarisme; il n'en est pas moins vrai, que celui-ci a réalisé un large progrès sur les régimes qui l'ont précédé, et, qu'en émiettant la puissance publique, en opposant les pouvoirs les uns aux autres, il a consacré une garantie de liberté. Grâce à l'expansion coloniale, les gouvernements modernes ont réduit cet anntage à un minimum, et restauré la plénitude de souYeraineté de l'exécutif. D'un autre côté, en développant le fonctionnarisme dans les dépendances, les hommes au gouvernement et la classe dont ils défendent les priviléges, étayaient leur domination sur des forces nouvelles. Envisagé au point de vue social, le fonctionnarisme est une arme formidable aux mains de la bourgeoisie et de ses fondés de pouvoir. Son extension continue a permis à l'infime minorit<'.: des possédants de se recruter une immense armée de clients, attachés à ses intérêts, solidaires de ses propres actes, soucieux de perpétuer un état de choses relativement profitable. Rien n'est plus habile que de dérober ainsi au parti de la Révolution une portion croissante de son contingent et de fortifier, à prix de titres et d'argent, le parti de la conservation sociale. La conquête d'annexes lointaines a été suivie, chez nous, sur le champ, d'une crise d'expansion du fonctionnarisme. Partout les agents du pouvoir, par centaines ou milliers, ont pris possession des colonies nouvelles. Dresser des statistiques est superflu; elles sont trop connues. Il est telle dépendance, où l'on compte jusqu'à vingt-cinq ou trente administrateurs de tout ordre et de toute taille, pour un colon. Il en est telle autre où les colons hésitent à se rendre, terrorisé!? d'avance par la rigueur des rcglements administratifs et par le seul effectif des représentants de la métropole. La colonisation est donc un élément de régression politique à un double titre. On pourrait ajouter, qu'elle rend encore des services .
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