La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE en Angleterre comme en It:ilie, ne peut perpétuer sa domination que p:ir b croissance même de son industrie et de ses échanges. En une étude publiée p:ir la Revue social-iste (r), au mois de mars, nous montrions que la déc:idence commerci:ile des neuf dernières années susp~nd la ruine sur la féodalité bourgeoise de la Grande-Bretagne. Plus la concurrence s'intensifie sur toute la surface du globe, plus les puissances productrices récemment entrées en lice multiplient leurs ressources et leurs conquêtes, plus la nécessité de marchés nouYeaux apparaît urgente, Yitale, aux Yieilles nations. La caste possédante, en étendant le domaine de ses placements, poursuit une double fin et pense servir doublement sa cause. Atténuant, supprimant même pour un temps les maux de la surproduction, elle limite les crises industrielles et accéllre son propre enrichissement; d'autre part, .multipliant ses ventes, elle peut légèrement accroître, à titre proYisoire et, tout au moins, maintenir les salaires. Or elle compte. bien ( et pendant des années· ]'événement a justifié ses prévisions),· que le relcYe"tnent, si. insignifiant soit-il, de la main-d'œuvre, perpctuera sa domination sin le prolét:iriat et que celui-ci admettra la relation etroite de ses intérêts avec les intérêts de ses maîtres. Il ·est incontestable qu'en Angleterre tout spécialement, cette spéculation des dirigeants a, jusqu'à une date assez proche, sauvegardé le prestige politique et social des grands industriels, et que la stabilité de salaires rémunérateurs a enrayé la croissance du socialisme proprement dit. L'cre de la prospérité économique s'est close pour .la .Grande-. Bretagne. L'aristocratie patronale d'Outre-Manche a cru encore consolider son autorité en ordonnant de nouvelles conquêtes coloniales,· e~ depuis. une dizaine d'années, d'énormes secteurs d'Afrique et d'Asie ont été directement ou indirectement annexés au domaine anglosaxon. En ·poussant les fronticres du Cap jusqu'au centre du continent Noir, en s'établissant sur le Petchili, et en se .réservant la zone du Yang-Tsé, le gouvernement de la Reine a entendu renouveler les débouches. La même pensée s'exprime avec_ assez d\~vidence dans tous les projets d'expéditions coloniales qui ont été discutés au Parlement fr:inçais. La dernicre guerre, celle de Madagascar, a étl faite au nom d'ùtJ intérêt économique qu'il est permis de contester, mais dont la majoritl conservatrice de nos Chambres ne voulait même pas discuter b réalité. C'est en Yertu de ce même intérêt que le cabinet italien a préparé sa mainmise sur la baie de San-Moun, alléguant l'opportunitl de la création d'une dépendance au flanc du CélesteEmpir~, cet immense marché de demain. Le Japon n'a convoité la Corée et les îles Malaises que pour y déYerser une partie de sa pro- (1) L'impérialisme anglo-saxon.

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