53+ LA REVUE SOCIALISTE ANNO SOUVENIRS D'EXIL EN SUISSE (Suite) Notre voyage n'avançait guère Yite. Nous n'avions rien à perdre, et avant de songer à l'avenir, nous devions envisager la situation, ce qui, pour le moment, ne nous était pas possible. En route, nous dcvorions naturellement tous les journaux. _A Loclc et à la Chaux-de-Fonds, nous rencontrâmes des citoyens suisses bien renseignés; l'un d'eux s'était trouvé à Bade peu de temps avant la bataille de Rastatt. Nous apprîmes des détails plus prccis sur la retraite des nôtres actuellement réunis sur le territoire suisse et qui devaient se rendre aux points assignés par les autorités. Un jour, :'!. midi, en lisant les derniers journaux, nons tombâmes sur ce passage de la Karlsrnher Zeit1111g: Le fameux chef des insurgés, Dortu, l'ami et complice de cette canaille de Schlœffel, qu'une balle prussienne, à vVaghreusel, a malheureusement soustrait au châtiment qu'il méritait, a été pris au moment où il fuyait à Fribourg. Alors nous sûmes pourquoi Dodu n'avait pas tenu sa parole le soir où nous l'avions attendu. De Nef!, toujours pas de nouvelles. Tout nous laissait supposer qu'il avait été pris comme Dortu; ce qui était, en effet, la vérité, comme nous l'apprîmes quelques semaines plus tard, lorsque, après la défaite de Rastatt, le 23 juillet, le conseil de guerre put commencer à fonctionner. Les comptes rendus du procès nous prouvèrent plus tard que tous deux avaient été surpris et_faits prisonniers, alors qu'ils Youlaient nous rejoindre, par les gardes natio-
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