LA REVL1E SOCIALISTE loi tant que la Déclaration des droits de l'homme ou la Constitution ne seront pas changées ... » Pareille institution, semblable a celle dont les États-Unis d'Amérique sont dotés, ne serait-elle pas un r~mède bien anodin, peu en rapport avec l'étendue du mal social? Evidemment si. Sans entrer dans les détails, sans demander - et cependant c'est un point important - comment se recruterait la Cour suprême préconisée par M. Louis HaYet, sans rechercher si, nommée par le gouvernement, elle serait toujours, plus ou moins, soumise aux influences politiques, on peut avancer presque a coup sûr que, dans la pratique, elle donnerait des résultats qui ne répondraient aucunement aux espérances fondées sur elle tout d'abord. Cc droit de veto dont serait investie la Cour suprême dans l'ordre politique, ce tribunal de censeurs établi au-dessus du Parlement, ferait du suffrage universel et de ses volontés une véritable fumisterie. Certes, le suffrage uniYersel, tel qu'il est aujourd'hui, tel qu'il fonctionne, n'est pas ce qu'on peut rêver de mieux. La représentation nationale, les pouvoirs politiques qui en émanent, sont fortement perfectibles. L'clecteur ayant voté, n'a plus, pour longtemps, d'action sur l'élu qui devient libre d'agir a sa guise et d'obéir à des considérations auxquelles il obéirait sans doute moins, si le corps électoral pouvait _a Yolonté lui retirer son mandat, lui demander compte en tout temps de chacun de ses actes. Etablir une cour suprême comme le rêve M. HaYet, dan§ les meilleures intentions du monde du reste, ce serait risquer de faire un pas en arrière. Pourquoi ne point chercher plutôt à faire un pas en aYant dans le sens que nous venons d'indiquer? Pourquoi s'acharner a réparer les étages supcricurs de l'édifice alors que ce sont ses fondations mêmes qui s'écroulent ? * * * Nous nous sommes attachés, dans les lignes qui préccdent, à mettre en évidence les sentiments, l'état d'âme comme on dit, des intellectuels révisionnistes. Nous avons cherché à montrer l'angoi~se qui les prend a la vue de l'édifice social s'écroulant de toutes parts, et leurs hésitations, leur timidité à marcher résolument dans la grande voie du progrès tracce par le parti socialiste. Ces hommes ont formulé, on l'a vu, de vigoureuses critiques sociales. Cependant il serait injuste de leur prêter des sentiments trop pessimistes. M. Buisson dit avec juste raison que si la cause de la justice a pu quand même grandir et arriver a la veille du triomphe « c'est grâce a la liberté, à la licence même de la presse et des. réunions pu-
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