LES << INTELLEC1TELS » ET L'AFFAIRE DREYF!.:S 48j bliques ». Et M. Aug. Molinier développe lui aussi cette idée:« Malgn'.: toutes ses ignominies l'affaire Dreyfus a montré pourtant que des progrès avaient été réalisés par l'humanité. Qui donc sous Louis XIV se serait jamais avisé de protester contre l'incarcération illégale et monstrueuse du Masque <lefer? Qui donc, sous Napoléon, aurait réclamé contre les actes arbitraires dont son régne fut rempli? Personne. Aujourd'hui quelques hommes se sont indignés, ont protesté contre la condamnation de Dreyfus, et on les a entendus ! Il y a donc progrés sensible. Félicitons-nous-en. Souhaitons que le pays n:Yiennc au calme et sache raisonner. » C'est l'exacte vérité. Et c'est pour cela que nous ne devons pas désespérer <lela France. Une pareille cris1.\répétons-le, n'était possible que chez elle parce qu'il y a chez clic plus <leliberté qu'ailleurs, et que le mal, au lit'u d'être soigneusement caché à tous les yeux, est découvert en pleine chrté et que chacun peut ainsi ressentir la nécessité d'y apporter de prompts et d'énergiques remédes. Et quand la lumière de la liberté aura définitiYcment vaincu les ténèbres de la réaction, que feront-ils, ceux qui ont lutté si vigoureusement ? Viendront-ils à nous, comprendront-ils que le salut est dans le socialisr:1e? Abandonneront-ils définitivement les rangs de cette bourgeoisie· dont ils viennent de dénoncer les défauts et les vices, et tendront-ils sans arrière pensée la main au prolétariat souffrant et opprimé, mais qui garde taujours en son sein les qualités qui sont le patrimoine de la France, l'illusion, l'honnêteté, l'abnégation dans };J défense de l'idéal de progrès et de justice? C'est ce que l'avenir nous apprendra. GASTON CAGNIARD.
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