LA REVUE SOCIALISTE regarJer l'avenir :l\'ec des yeux pleins Je confiance et de sérénité ; tous ceux à gui notre doctrine est étrangére restent indécis, remplis d'angoisse, comme les passagers d'un navire que son équipage viendrait d'abandonner Jans la tempête et qui ne sauraient comment orienter les voiles et rnanœuvrer la barre. Tous ont convenu que la société était mal faite et que des réformes s'imposaient. Mais il semble gue ces réformes, ils ne les comprennent gue dans un sens assez restreint et qu'ils n'ont pas encore osé arriYer à des conclusions nécessaires. i\1. Duclaux pataît professer, au point de vue social, des idées d'un positivisme assez étroit. Pour lui, si nous souffrons d'une pareille crise ccc'est uniquement parce que les esprits manquent de sens critique et que l'éducation de la masse n'est pas faite». Il veut donc aider au perfectionnement de l'humanité en coopérant cc à l'éducation rationnelle des esprits ». ,\ merveille! le savant biologiste a sur ce point parfaitement raison. Mais tout sera-t-il fait quand, dans un avenir plus ou moins lointain, la masse sera capable de raisonner et de discerner la vérité du mensonge ? Dans l'ordre économique n'y a-t-il pas, par exemple, des problcmes trc'.:sgraYes et qu'il s'agit de résoudre au mieux des intérêts de l'humanité? Certes M. Duclaux ne les nie pas, au contraire. Mais pour lui la société suit un chemin rigoureusement dcterminé et rien ne peut modifier ni la vitesse, ni le se11s de son évolution. C'est ainsi que, parlant du machinisme et de ses conséquences, le directeur de l'institut Pasteur dit: « On peut regretter, déplorer que le machinisme jette sur le pavé un grand nombre d'ouniers dont les bras sont devenus inutiles. Mais il faut conYenir que c'est une conséquence forcée. Contre elle il n'y a rien à faire: l'évolution doit s'accomplir tout entière. Ce serait folie de vouloir l'accélérer comme de vouloir l'arrêter ou la retarder. » Et, poussant jusqu'au bout cette théorie, M. Duclaux croit que le collectivisme ou le communisme ne pourront s'instaurer que lorsque la concentration capitaliste se sera entièrement faite. Pareil raisonnement ne saurait surprendre chez un savant qui applique, a,·ec trop de rigueur, en sociologie, les méthodes des sciences naturelles et qui s'inspire d'un positivisme, attrayant peut-être, mais plus exact en apparence qu'en réalité. Abordons maintenant les réformes immédiates proposées par les intellectuels. Une chose sur laquelle tous sont d'accord, nous l'avons vu, c'est la suppression des conseils de guerre en temps de paix. Il est vrai, quelques-uns font des réserves, s'effraient et craignent qu'une telle réforme ne puisse tout d'un coup être opérée. Mais en fayeur du principe même il y a unanimité.
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