La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LES « INTELLECTUELS » ET t'AFFALRE DIŒYl-l)6 •tÏ9 gner en citant la substance d'un discours prononcé il y a qudguc deux ans par le Père Did9n, de fameuse mémoire: « Son discours avait pour sujet justement l'antisémitisme. Dans le langage cru et vif qui le caractérise, le moine dominicain accabla ses élévcs sous de dures vérités. - Si quelques-uns d'entre vous sont antisl.'.:mites, dit-il, qu'ils ne s'illusionnent pas, c'est qu'en réalité, ils convoitent l'or des juifs et a\'ec cet or toutes les jouissances qu'il peut apporter. Eh bien! si Yous voulez de l'or pour jouir, travaillez comme ont travaillé les juifs. Et si vous considérez que ceux-ci sont devenus riches et puissants par <les moyens malhonnêtes, Yous, soyez riches et puissants par des moyens honnêtes et ne convoitez pas le bien d'autrui! » \'oici donc déjà les sentiments anticléricaux des intellectuels révisionnistes parfaitement ctablis. Leurs déclarations sont sans équivoque; rien de plus formel. C'est en vain que, parmi les dl.'.:clarations des membres de la Ligue de la Patrie française on pourrait chercher semblable précision. Mais cc n'est pas tout. Nous disions plus haut que Îes intellectuels« dreyfusards» étaient surtout républicains et qu'ils avaient conservé le souvenir du programme républicain. lis doivent donc ne pas hésiter à formuler contre notre organisation militaire, contre le militarisme lui-même, de vives critiques. * * * En 1880, Blanqui, dans son opuscule !'Armée esclave et opprimée, critiquait vigoureusement les institutions militaires bourgeoises, et vraiment, aujourd'hui, ces critiques s'appliquent men·eillcusement aux événements contemporains; chaque phrase du vieux révolutionnaire est une prophétie. A Rome, disait-il, « on ne voyait jamais par les rues des traineurs de sabre et des empanachés arrogants, parce qu'il n'existait pas, comme chez nous, cette profession des armes, spécialité désastreuse, la ruine et la désolation du monde moderne. <c La nature, qui se permet çà et l:'t des batailleurs de génie, Alexandre, Annibal, César, Gengiskan, Napoléon, n'a pas l'habitude de les prendre dans les annuaires militaires. On ne ramasse là que des zéros, lambrissés de croix, de crachats, de cordons et autres chamarrures. Les états-majors européens, à p;1rt quelques rares exceptions, n'offrent qu'une kyrielle de nullités et surtout d'oisi\'etés, colportant leur jar 11iente de garnison en garnison, de café en café ... « Être une grande armée, les pieds plantés à demeure dans le budget, et partir en détail pour le cirnetiére sans avoir seulement aperçu l'ennemi ! Dérision des. dérisions! Cette plaisanterie lugubre

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