LA RE\"CE SOCIALISTE nué sensiblement. Que feront-ils alors, puisqu'ils sont moralement chassés de partout? Ils feront cc qu'ils ont éte forces de faire dans les siècles passés, ils s'adonneront au commerce et aux spéculations financières. A qui la faute? Ils commençaient à se fusionner a\'cc les autres hommes, ces bannis de jadis, l'union se faisait entre gens de religions différentes, et voici que les Yicillcs querelles sont reprises qui nous font retomber dans les errements d'autrefois! » Très justement, M. Seignobos Yoit dans l'antisémitisme une forme nouyelJc du cléricalisme : « Arri,,ée au pouvoir, la moyenne bourgeoisie se ressentit bientôt de l'influence sourde et tenace du clergé. Peu à peu elle devint clcricalc. Elle ne frayait pas trop aYec le cierge, mais clic ne le combattait plus. Cc fut la tactique de l'opportunisme, tactique qui ne tarda pas à dégénàcr en la recherche de moyens <le gouvernement aYec la droite et les cléricaux. Cc fut l'œuvre <leM.1-.léline ... Mais à cela ne s'est pas bornée la campagne cléricale. 'Non content d'empiéter sur le terrain politique et gou\'ernemcntal, le clergé chercha .'t mordre dans les masses populaires. « Dans cc but, que fit-il ? li choisit dans la société les gens les plus impopulaires et les accusa de tous les mcfaits, de toutes les iniquités sociales. li se trouYait justement que les juifs détenaient une forte partie de la fortune publique. On solidarisa les capitalistes exploiteurs avec les juifs et on chercha à donner à la lutte contre lè capitalisme le caractère d'un mouYcment antisémite. Mais au fond, l'antisémitisme n'est que le début de la 6 ucrrc du clergé contre la libre-pensée et le protestantisme ... Alors que libres penseurs et protestants s'accommodent parfaitement dans un milieu <le liberté et de saine raison, le catholique y ctouffe et c'est pourquoi le clergé prête toujours son appui aux puissances d'autoritarisme, à la force brutale, au <lespotismc,à la tyrannie. Quand nous luttons contre l'antisémitisme, nous luttons donc, en définitive, pour le triomphe <le la pensce libre.» En quelques mots, 1'!.. \ug. Molinicr fixe le ràle des cléricaux dans la crise actuelle. lis ont cru, grâce à l'affaire Dreyfus, pouvoir frapper un grand coup et redevenir les maitres. << Mais, ils ont mal posé la question. Elle est toute, en effet, Jans un fait matériel : l'innocence ou la culpabilité de Dreyfus. Si l'innocence est démontrée, l'édifice de mensonges et de réaction s'écroule lamentablement. Aussi comprend-on que les jésuites et l'État-Major s'opposent à l'enquête de la Cour de cassation, emploient tous les moyens pour l'empècher de r~parer l'erreur judiciaire. La lutte ,1ctuclle, en somme, n'est qu'une question de laïcité ... » Pour triompher, l'antisémitisme fait appel aux passions les plus viles. On n'a, pour s'en con,,.1incrc, qu'à regarder cc qui se passe en Algérie. C'est d'ailleurs, ce que M. Buisson a su ironiquement souli-
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