La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LES « IXTEI.LECTlJEI. » ET L'A HAIRE DREYFUS 47 5 dans les pays étrangers. li se conçoit dès lors que l'action libérale et démocratique, plµs accentuée, plus YiYe en France, ait amené chez nous, par une répercussion forcée, un groupement plus rapidi.: di.:s forces réactionnaires. Celles-ci ont profité de la première occasion pour monter à l'assaut suprême, pour Yaincre ou pour mourir. C'est ce qui s'est produit à la fayeur des derniers événements. Exploitant le sentiment patriotique du Français, la réaction, pour servir ses desseins, en a dénaturé le caractère et a cherché à le transformer en un chauYinisme aYeugle et brutal, espérant que l'armée dont elle s'affichait le dUenseur, se prêterait encore à des manœunes attentatoires à la liberté. Puis est venu, là-di.:ssus, se greffer l'antisémitisme, ultime manifestation cléricale qui, en parodiant le socialisme, espère entraîner les masses prolétariennes assoiffées d'égalité et de mieux-ètre. Des hommes, des saYants, des littérateurs, des artistes se sont réunis pour prendre part au combat pour la liberté. Ces esprits clairYoyants, habitués à rechercher la Yérité scientifique, ont fouillé le mal social comme un médecin fouille de son scalpel un cadane pour y découvrir les causes du mal, encore ignorées de lui. Et nous pouYons heureusement opposer leur conduite à la làcheté quasi uni,·erselle. Chaque jour, depuis deux ans bientôt, a fourni son appoint à la cause de la justice, de la vérité. Chaque jour a été une utile kçon. Et ainsi, peu ù peu, les intellectuels sont arrivés à des conceptions nouvelles qu'il s'agit pour nous d'étudier aujourd'hui. L'auteur de cet article s'est liHé à ce sujet :\.des enquêtes personnelles. Dans une série d'interviews qu'il a récemment publiées dans la PetiteRépublique, il a pris l'avis des hommes d'art et de science qui furent dans l'affaire Dreyfus les ouvriers de la première heure, les interrogeant non seulement sur les faits eux-mêmes et leurs conséquences immédiates, mais encore leur demandant de bien Youloir lui préciser les critiques sociales qu'ils croyaient pournir formuler et les conclusions générales qui leur semblaient devoir s'imposer. Il a ainsi réuni des documents intéressants qu'il Ya commenter ici. * * * Il serait exagéré de dire que les intellectuels rhisionnistes ont formulé des conclusions socialistes. Etant restés complètement étrangers au socialisme, ils n'en connaissent pas la doctrine et la fiènc où nous vivons ne leur a·guére donné les loisirs de l'étudier. On peut dire cependant que beaucoup d'entre eux - cerYeaux logiques et clairvoyants - YÎendraient à nous si la conception de notre parti leur était nettement exposée.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==