La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVL'E SOCIALISTE Descartes a commencé l'organisation de cc système. Le premier a dit : « Ce n'est pas la révélation, c'est le raisonnement qui doit servir de base à notre croyance et à l'organisation de nos institutions sociales. » Le second a indiqué les moyens d'organiser un système scientifique et politique, dans lequel les idées révélées ne jouassent aucun rôle. Le dernier a déclaré que, si on lui donnait de la matiére et du mouvement il ferait un monde, c'est-à-dire qu'il a entrepris d'expliquer le mécanisme de l'univers sans avoir recours aux idées révélées; et, quant à la politique, il a déclaré que la physiologie devait servir de base à cette science qui, en la dégageant de tout préjugé, ne devait être considérée que comme de l'hygiène. Luther a trop aimé la table. Bacon a été ambitieux d'honneurs et de fortune. Descartes a eu le goôt du jeu et celui des femmes. Ainsi aucun des trois n'a été philosophe pratique. Passons mamtenant aux raisonnements. L'âme est d'autant plus accessible aux passions qu'elle est plus exaltée. Or le plus haut degré d'exaltation est nécessaire pour traiter la grande question dans toute son étendue. On ne doit donc pas être étonne de voir les philosophes inventeurs fortement agités par les passions pendant tout le cours de leurs travaux d'inYention. On peut envisager la question sous un autre point de vue. Pour faire faire des progrès à la science il faut faire de nouvelles expériences. Dans la science de l'homme, les nouvelles expériences consistent à établir de nouvelles relations sociales soit entre les autres soit entre soi et les autres. Toute action neuve ne peut être classée comme bonne ou mauvaise, comme utile ou nuisible, que d'après des observations faites sur ses résultats, et toutes les tentatives de ce genre ne peuvent pas être heureuses. Ainsi l'homme, qui se livre à <l'ehautes recherches de philosophie, peut et doit commettre pendant le cours de sa vie beaucoup de folles actions. Mirabeau est mort à la fin de sa vie expérimentale. Mirabeau aurait certainement fait faire de grands pas à la politique, ,'il eôt fourni toute sa carrière. Deuxième époque Mirabeau n'arrêtait pas le torrent démocratique, mais il retardait sa marche. Dès qu'il fut mort, la France fut inondée par ce torrent. Les mesures politiques les plus extravagantes et les plus atroces furent adoptées. Le maximum et la guillotine firent arriYer la famine qui ouvrit enfin les yeux de la masse ignorante et qui la poussa à réagir contre Robespierre et ses adhérents, dont elle fit justice.

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