La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

466 LA REVl;E SOCIALISTE républicaines de Brutus. Au lieu de leur faire :tpercevoir que les institutions républic:tines avaient pris n:1issance ,i l'époque de l'enfance de l'hum:1nité et de b science politique, 011 lcs leur présentait comme les meilleures institutions sociales, idée fausse, ainsi que Montesquieu l'a démontré en prouvant que la monarchie limitée par les corps représentatifs ét:tit le meilleur de tous les gouvernements. Quand on faisait p:tsscr les enfants de l'étude des langues anciennes à celle de la langue frnnçaise, Voltaire, Jean-Jacques, \'Encyclopédie étaient les ouvrages sur lesquels on fixait, principalement, leur attention et dans ces ouvrages, comme tout le monde le sait, les institutions monarchiques sont tournées en ridicule, att:tquées par les raisonnements les plus seduisants et les plus rigoureusement erronés. Le parti républicain, dis-je, en 1789, était et devait être, dans la masse de la n:1tion comme dans l'assemblée, infiniment plus fort que les deux :1utres, car les hommes étaient, sont et seront toujours en masse les produits moraux de l'éducation qu'ils ont reçue. Tres peu • d'hommes prennent la peine de refaire leur cducation. li n'y anit que ceux qui aYaient refait leur éducation en étudiant Montesquieu et les publicistes angl:tis qui composassent le parti constitutionnel. Quant an parti royaliste, il était composé de b noblesse, des privilégiés, des gens attachés à la cour. Les hommes liués à ce parti n'agissaient d'aprés :1ucun principe, ils suivaient par une espccc d'instinct la direction dans bqucllc ils se trouYaient lancés par le désir de conserver les priYilèges et les avantages dont ils jouissaient. Le parti constitutionnel était le moins nombreux, mais il était le plus capable. Sa supériorité en science politique a été constatée par le fait qu'il :1 toujours eu l'avantage dans la discussion pendant toute la durée de l'assemblée constituante. Les royalistes et les n'.:publicains, sentant leur inférioritl'.: scientifique vis-à-vis des constitutionnels, et voulant à tout prix. faire primer leurs opinions, traYaillcrent ,i renverser l'assemblée. Les royalistes voulaient l':1nbntir, les républicains voulaient la composer de démocrates. Les royalistes, c'est-à-dire les nobles et les privilégies, émigrérent; ils allcrent solliciter les secours du roi de Prusse et de l'empereur d'Autriche. lis s'armérent, ils s'organisèrent militairement; et, devenus auxiliaires des troupes prussiennes et autrichiennes, ils tentèrent de rentrer en France le sabre à la main pour renverser l'assemblée, pour aneantir tout pouvoir représentatif ou parlementaire et pour remettre entre les mains du roi un pouvoir illimité, dont les nobles et les privilégiés fussent les agents exclusifs. Les republicains au contraire devinrent à cette époque des démagogues. li n'y eut plus de véritables republicains. ni de véritables

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