La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE la portée des hommes de la cour et de toute la nombreuse et puissante classe des désœuvrés. D'Alembert et DiderotYinrent à bout de déterminer tous les savants à travailler à une encyclopédie. Leur projet était de faire un liwe qui pôt remplacer la Genèse et qui lui fôt très supérieur sous le rapport Jes détails scientifiques comme sous celui des ,·ues générales et de la conception systématique. L'ouvrage, dirigé par d'Alembert et Diderot, n'a que très incomplètement organisé la doctrine positiYe, mais il a complètement anéanti la doctrine superstitieuse. Un événement politique du plus haut degré d'importance a succédé presque immédiatement aux travaux de d'Alembert et de: Diderot : la créatio11morale de l'Amérique. Les Anglais établis dans l'Amérique du Nord ont secoué le joug de la mère-patrie: ils se sont déclarés i_ndépenJants; ils ont basé leur organisation sociale sur des raisonnements. Les travaux législatifs des Américains ont enflammé les Européens et particulièrement les Français du désir de secouer le joug de la superstition etde renverser toutes les institutions sacerdotales ou temporelles qui en étaient émanées, pour se donner une nouvelle organisation sociale entièrement basée sur le raisonnement. \'oilà les véritables causes de la Révolution française. J'aurais pu commencer ma récapitulation à une époque antérieure à l'apparition de Galilée, j'aurais pu prendre l'examen de la marche des idées à la mémorable époque du règne de Charlemagne et du calife Almarnoun, époque du commencement de la désorganisation de l'ancien système et de l'organisation du nouveau. L'ancien système, dont les ruines encombrent encore l'Europe, consistait : r0 En la croyance en Dieu; 2° En la croyance aux saintes écritures comme contenant des idées révélées; 3° En la croyance au pouvoir confié par Dieu à l'Église de le représenter sur la terre et par conséquent de gouYerner les peuples et les rois. Le nouveau système, qui a été basé sur l'observation de la marche du phénomène général et des phénomcnes particuliers, a successivement montré la fausseté des idées révélées, l'ignorance du clergé, son ambition, son despotisme, etc. Ce système sera complètement organisé, quand les savants adonnés à l'étude des sciences positives seront réunis en un corps auquel on donnera le nom <l'Église et auquel on confiera le pouvoird'enseigner les lois de la nature qu'ils découvriront et les principes de morale qu'ils établiront: que tout homme doit, pour son bonheur, pour celui de sa famille et de l'humani_té, travailler au

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