U\' MANUSCRIT INl~DIT DE SAI\'T-SIMO~ -1-63 entiérement les idées réYélées, qu'il fallait la baser dans son ensemble comme dans toutes .ses parties sur des observations, qu'il fallait en un mot re1werser de fond en comble la théorie sacerdotale pour établir une doctrine positiYe. Peu de temps aprés la publication du Nov1111o1rga11u111, Descartes fit paraître son systémc <les tourbillons, systémc admirable sous cc rapport qu'aucune idée n'.:Yéléen'est entrée dans sa composition, systeme admirable sous cet autre rapport que son auteur a fixé <l'une maniére invariable le point de me auquel doit se placer le génie organisateur qui entreprend le plan de l'édifice scientifique général. Do1wez111oi, disait Descartes, de la 111alière et du 111011ve111eul, j vous ferai 1111 111011de. • Ce systemc, admirable sous les rapports que je Yicns d'indiquer, est pitoyable sous celui d'ayoir manqué le but fixé par Bacon, celui de baser l'ensemble et toutes les parties de la science sur des obscrYations. Mais ce n!est point à Descartes que l'humanité doit faire cc reproche, c'est au grand ordre des choses qui a soumis les individusctl'humanitc même a ne marcher que lentement dans la carriére scientifique. On est aujourd'hui vis-à-Yis de Descartes d'une injustice atroce. On considérc son ouvrage comme·un rcsumé d'observations, tandis qu'on dcnait l'envisager comme l'aperçu astronomique qui a scrYi de guide ù Newton pour décounir la loi <le la gravitation. Toutes les têtes fortes, tous les hommes instruits se sont ralliés à l'étendard planté par Bacon, ils ont adopte sa théorie, ils ont traYaillé à la perfectionner, et on a n1 depuis cette époque le clergé, qui jadis était le corps le plus saYant, qui jadis était le seul corps savant, être dépassé en science par les laïques! On a YUdes laïques former des académies qui tous les jours s'illustraient par d'importantes découYertcs en science positiYe. On a vu le clergé descendre successivement dans les plus basses régions de la théologie et retourner moralement \"ers les siccles d'ignorance, auxquels les vertueux saints péres allaient réfléchir dans le désert, n'ayant point d'idée assez claire et assez nette de l'unité systématique pour en conserYer le fil au milieu des distractions du monde et des amusements de la société. Au commencement du dix-huitième siècle, Bayle fit un dictionnaire, dans chaque ai-ticle duquel il mit en comparaison les opinions des théologiens et celles des physiciens. Bayle démontra rigoureusement aux hommes de seconde ligne par leur organisation et par leur instruction que les sciences physiques étaient infiniment préférables aux sciences théologiques. Voltaire, esprit moins profond que Bayle, mais pourvu de plus de grâce, de finesse et de talent, fit une étude particuliére des démonstrations de cet auteur et par ses volumineux et piquants écrits il les mit ù
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