LA RE\TE SOCIALISTE directions politiques secondaires. Personne ne connaissait mieux que lui la manière de diriger et de combiner les différentes actions de la Banque, de la Compagnie des Indes, de la Douane et de !'Assise (sic) de l'impôt. C'était en un mot un grand administrateur et un grand ministre des finances; mais cc n'était pas un grand politique. li ne se doutait pas que l'humanité fùt arrivée à une époque climatérique, il n'aYait mème aucune idée nette des relations politiques existantes entre les puissances continentales ( r ). 1'I. Pitt, d'après sa capacité administratiYe et son incapacité en politique extérieure et en connaissance de la marche de l'esprit humain, fit nècessaire'ment la combinaison suivante : « Les Français entrent en révolution; la crise politique dans laquelle ils s'engagent leur fera nécessairement négliger l'industrie et le commerce. C'est une circonstance dont il faut profiter pour étendre l'industrie et le commerce de l'Angleterre. » D'après cette combinaison, M. Pitt s'occupa, d'une part d'agir sourdement pour augmenter la crise révolutionnaire au moyen de ses agents secrets en France, et d'une autre part d'actiYer le plus possible l'industrie et le commerce de l'Angleterre. 1'1. de Tallcyrand, qui était en France le plus capable en politique, passa en Angleterre pour présenter à M. Pitt quelques idées de politique générale et pour lui faire sentir que l'intérêt des Anglais était de seconder le désir que les Français manifestaient d'établir chez eux les institutions politiques anglaises. M. Pitt fut sourd aux communications de M. de Talleyrand, écrites ou faites par intermédiaire d'amis, il refusa de le voir'. Il ne changea rien à_ son système jusqu'à la catastrophe de Louis XVI. Quand Louis X\'I eut perdu la vie, quand l'Autriche eut sérieusement déclaré la guerre à la Fra:1cc, M. Pitt donna à son système un caractère d'actiYité; dès ce moment il conçut le projet d'écraser, d'anéantir la nation française. Il envoya des émissaires sur le continent pour coaliser toutes les nations de l'Europe contre la France. Il se fit le chef d'une première coalition qui échoua et d'une deuxième qui n'eut pas plus de succès. M. BURKE M. Burke, après avoir longuement parlé et volumineusement écrit sur la Révolution française, s'est résumé en disant : « Les Fran - çais ont assassiné leur roi; ils ont laissé prendre le dessus à la classe des (1) Le fait de l'ignorance de M. Pitt sur les forces militaires et les relations politiques <lesdifférents Etats de l'Europe m'a été attesté par M. Georges Elis, qui était un <leses amis les plus intimes et que j'ai vu très souvent a Paris chez Mm• *"" (rm 1110/ rayé, pwt-étre Molt), lorsqu'il fut envoyé en France avec lord Malmesburg.
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