UN ~IANGSCRIT !:\"ÉDIT DE SAINT-SIMON 457 scientifique; les Français, dont l'école, de même que la vôtre, professe que la science, dans. son ensem bic et dans ses parties, doit être basée sur l'observation; les Français, dis-je, manifestent l'intention de se donner une organisation nationale semblable à la vôtre. Proposez aux Français : « r O De i-éuniren un seul corpsles savanLsdes deux 11alios1;1 « 2° De charger ce corps d'organiser la doctrinepositive, c'est-a-dire de baser la sciencegénérale vulgairement appeléereligionsur des observations; « 3° De rendre ce corpspermanenl, de lui do1111eler titre de clergé anglo-français et de déclare,·que ce clergé, c'est-â-dire que celleEglise représenteDieu sur la terre et que sesdécisio11sson/ desdécisio11dsiviues; « 4° De diviser ceclergéen deux classes: la première c!Jargéede perfectionner; la deuxièmed'e11seig11er. « Proposez encore aux Français, sous le rapport.de la politiquè temporelle, de faire avec eux une alliance offensive et défensive ayant pour but de faire adopter votre doctrine scientifique et vos institutions politiques à tous les peuples du globe. » CE QUI EST ARRIVÉ Bacon n'est point sorti de sa tombe. Aucun Anglais n'avait suffisamment étudié la série des progrcs de l'esprit humain pour avoir prévu la crise politique et religieuse, que l'ascendant scientifique pris par les laïques sur les ecclésiastiques, que la dégradation des mœurs du clergé devaient inévitablement déterminer. Aucun d'eux ne s'était rendu capable d'adoucir, d'abrcger, de terminer cette crise en réorganisant le pouvoir spirituel, en composant le clergé des hommes les plus instruits dans les sciences positives, en instituant des séminaires ou l'enseignement fût dans son ensemble comme dans ses parties basé · sur l'observation, oü la discipline collégiale fût de la plus grande sévérité pour les mœurs, oi.1les professeur~ inspirassent aux catéchumènes la passion de l'abnégation d'eux-mêmes, du mépris de la fortune et des jouissances des sens, comme étant le moyen dans [une] direction scientifique ou cléricale d'obtenir le plus haut degré de considération et de bonheur. En 1789, la tête politique la plus forte en Angleterre était.celle de M. Pitt. M. PITT M. Pitt était très jeu ne en r789 et cependant il avait déjà obte~u la confiance de la nation. La royauté active était déposée entre ses mains depuis plusieurs années, quand la Révolution française est arrivée. Ce chef des Anglais possédait une grande capacité dans toutes les
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==